Constitution d'une Armée de l'air française
Je n’ai pas besoin de rappeler ici, semble-t-il, que je suis de ceux qui estiment que, seule, une défense nationale basée principalement sur la puissance aérienne et sur la technique la plus perfectionnée possible peut avoir des chances de stopper sur l’Elbe les masses qui seraient susceptibles d’envahir l’Europe. Cette méthode nous est imposée, car ces moyens sont les seuls qui nous permettraient le plus facilement d’avoir un avantage marqué sur notre adversaire. Elle est nécessaire, car cette aviation, capable de briser au sol l’offensive terrestre ennemie, serait également indispensable pour fermer le ciel, autant que faire se peut, aux escadres aériennes ennemies.
L’emploi massif de l’aviation
Il s’agit maintenant de définir ce que nous entendons par une armée de l’air, capable de remplir les missions que, dans notre esprit, nous voudrions lui voir assigner.
Au début de la guerre de Corée, certains critiques militaires français s’empressèrent un peu légèrement de déclarer que l’emploi des forces aériennes avait abouti à un fiasco complet. Leur opinion était fondée sur ce fait que l’aviation américaine n’avait pas eu sur les opérations une action décisive. Mais ils avaient simplement omis de remarquer que, durant les quinze premiers jours des hostilités, celle-ci n’avait pu émettre en l’air qu’une centaine de missions par jour. Or, une aussi faible action ne saurait exprimer la notion de puissance aérienne telle que les aviateurs la conçoivent. Juger, comme le firent alors ces critiques militaires, c’est, à mon avis, se méprendre complètement sur ce que nous devons attendre de la puissance possible d’une armée de l’air, et c’est faire abstraction de tout ce que nous a appris la seconde guerre mondiale au sujet de l’emploi de l’aviation.
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