Au moment où les Français élisent le 5e Président de la Ve République, l'auteur donne son sentiment sur un aspect de l'évènement rarement évoqué lors des campagnes présidentielles et dont l'opinion publique ne semble pas parfaitement consciente malgré son importance majeure : le pouvoir de décision du Président en ce qui concerne les armes nucléaires.
La décision
Je ne connais pas encore, à l’heure où j’écris ces lignes, le nom de celui qui sera élu président de la République française au soir du 8 mai prochain, alors même qu’elles paraîtront. Je sais en revanche quelle importance revêt cette élection en ce qui concerne la politique de défense et de sécurité de notre pays et, plus précisément, son élément prépondérant qu’est la dissuasion nucléaire.
On sait combien sont multiples et variés les thèmes qui sont chaque fois abordés lors des campagnes, officieuse puis officielle, qui précèdent les deux tours de scrutin menant à la désignation du premier magistrat de l’État. Les candidats, les entourages, les personnalités politiques, et jusqu’aux plus modestes comparses, énièmes couteaux de cette ardente épreuve, nous comblent de déclarations, prises de positions, bilans, promesses, engagements et autres professions de foi dans tous les domaines susceptibles d’intéresser telle ou telle fraction du corps électoral. Dans tous les domaines sauf un, si ma mémoire est fidèle et si mon attention a été suffisamment soutenue lors des successifs déroulements de cet exercice si particulier : je ne me souviens pas avoir entendu quelque participant que ce soit aux précédentes campagnes évoquer le rôle essentiel, historiquement nouveau et dans l’absolu exorbitant que l’avènement des armements nucléaires a conduit à confier aux dirigeants des puissances qui s’en sont dotées. L’actuelle compétition ne me semble pas jusqu’à maintenant déroger à cette règle.
C’est pourquoi j’ai souhaité exprimer ici mes sentiments sur ce point précis mais capital que je ne manque jamais d’évoquer lorsque l’occasion m’est donnée de parler de la politique de défense de la France.
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