Perspectives atomiques (2e partie, suite et fin)
Après avoir signalé le rôle primordial que les armes atomiques paraissent appelées à jouer dans les conflits futurs, nous avons vu quelles conclusions pouvaient être tirées de l’évolution des travaux américains dans ce domaine (1). Nous allons essayer maintenant de préciser l’effort que devrait accomplir un pays pour créer sur son territoire une fabrication autonome d’armements atomiques.
Sur le plan des connaissances scientifiques et techniques, la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui un pays décidé à aborder les problèmes de l’énergie atomique ne saurait être comparée à celle où se trouvaient les Américains en 1940. Ceux-ci n’avaient qu’un espoir fondé uniquement sur les estimations toutes théoriques que certains savants croyaient pouvoir déduire de l’existence du phénomène encore mal connu à l’époque de la fission. Maintenant, au contraire, on sait que la bombe atomique est une réalité. Cela suffit déjà à conférer à toute entreprise se donnant pour but de la produire, un caractère de certitude qui a fait totalement défaut aux travaux américains jusqu’au 16 juillet 1945.
Depuis la fin de la guerre de nombreuses publications, dont les moindres ne sont pas le Rapport officiel américain connu sous le nom de Rapport Smyth et les comptes rendus semestriels de la Commission à l’Énergie atomique, sont venues apporter de nombreuses précisions sur les directions dans lesquelles les travaux avaient été conduits, sur les méthodes employées, sur les différentes étapes par lesquelles il avait fallu passer, sur les difficultés rencontrées, enfin sur un nombre important de résultats obtenus. Pour tout ce qui concerne la vue d’ensemble du problème à résoudre et l’organisation des travaux, il y a là une source précieuse de renseignements. Cela suffit pour faire gagner un temps considérable en permettant d’éliminer la majeure partie de la période des tâtonnements qui, aux États-Unis, a duré jusqu’au début de 1943.
Il reste 93 % de l'article à lire





