Diplomatique - Entrée en fonction du gouvernement fédéral allemand - Le « cas » de Berlin - Dévaluation de la livre et incertitudes européennes - L'URSS possède la bombe atomique - Aux Nations unies
Le 13 septembre 1949, l’Assemblée fédérale procédait à Bonn à l’élection du président de la République de l’Allemagne de l’Ouest. M. Theodor Heuss, présenté par les libéraux et appuyé par les démocrates-chrétiens, fut élu, au deuxième tour, grâce aux voix des partis de droite, contre M. Schumacher, présenté par les socialistes. Le soir même, M. Heuss s’installait dans sa résidence provisoire à Viktorshöhe, près de Bad-Godesberg. Le nouveau président est un ancien professeur à l’école supérieure de politique de Berlin ; il a voté au Reichstag les pleins pouvoirs en faveur de Hitler, mais a été par la suite révoqué de sa chaire en 1933 et soumis à la surveillance de la police. Sitôt élu, au cours d’une allocution, M. Heuss a déclaré : « La République fédérale allemande n’est qu’une partie de l’Allemagne ; le sort de Berlin est lié à celui de l’Allemagne occidentale, et le salut de toute l’Allemagne reste lié à celui de Berlin ».
Le 15 septembre, M. Adenauer était élu chancelier. Il constituait son gouvernement le 20 septembre : 13 portefeuilles dont 7 reviennent aux démocrates-chrétiens, 2 à l’union chrétienne sociale, 2 au parti libéral et 2 au parti allemand. Notons-y l’existence d’un ministère de l’Unité allemande.
Le 21 septembre, le gouvernement militaire allié en Allemagne occidentale prenait fin, après que les Hauts-Commissaires alliés aient été informés officiellement de la formation du gouvernement fédéral. M. André François-Poncet déclarait alors que le nouveau statut d’occupation entrait immédiatement en vigueur. Aux termes de ce statut, les Alliés occidentaux ne conservent plus que le contrôle des relations et du commerce avec l’étranger, de la démilitarisation, de la décartelisation et des camps de personnes déplacées. Dans sa déclaration gouvernementale, le 21 septembre, le Chancelier Adenauer affirma son libéralisme économique, refusa de reconnaître la ligne Oder-Neisse comme frontière orientale de l’Allemagne et revendiqua les territoires de l’Est, et tous autres territoires arbitrairement séparés de l’Allemagne (c’est-à-dire la Sarre). Le premier conflit avec les Hauts-Commissaires alliés devait se produire à propos du taux de dévaluation du mark. Un communiqué allié publié le 28 septembre annonçait un accord entre les 3 Hauts-Commissaires alliés pour dévaluer le mark de 20,6 % par rapport au dollar. La France aurait souhaité une dévaluation de 15 % et les Américains proposaient 25 %. L’Allemagne risque, en effet, de redevenir rapidement pour l’industrie française un concurrent sévère sur les marchés mondiaux. La livre ayant dévalué de 30 % par rapport au dollar, les prix de vente britanniques seront en mesure de concurrencer à l’exportation les prix des produits français. Il était donc important que les exportations allemandes ne soient pas indûment, elles aussi, facilitées par un cours trop bas du mark. Les accords commerciaux de juillet dernier (21 juillet) valables pour un an ouvrent d’ailleurs déjà le marché français aux produits industriels allemands bien plus que le marché allemand aux produits français (1 100 000 dollars de machines-outils allemandes importées contre 500 000 $ de machines-outils exportées vers l’Allemagne. 2 millions $ de machines agricoles allemandes importées contre un chapitre néant au titre des exportations de ces produits vers l’Allemagne, etc.).
Il reste 78 % de l'article à lire
Plan de l'article






