Diplomatique - Les deux Allemagne - En quête d'une Europe intégrée - Escarmouches à Lake Success - M. Nehru à Washington
L’Europe, et plus encore l’Allemagne, ont, en octobre, une fois de plus, polarisé l’attention des diplomates. Le 7, la République démocratique allemande (RDA) était proclamée sur le territoire d’occupation soviétique. Le général Tchouikov transmettait, dès le 10, ses pouvoirs au nouveau gouvernement. L’administration militaire soviétique disparaissait, remplacée par une commission de contrôle. Et certains augures annonçaient l’évacuation des troupes soviétiques de l’Allemagne de l’Est pour la fin de 1950. Le nouvel État, subdivisé en cinq provinces, disposant chacune d’un parlement local, ne comprend pas le secteur oriental de Berlin. Toutefois, c’est à Berlin que siègent le Parlement central et le gouvernement. M. Wilhelm Pieck, communiste de vieille date, ayant été élu président de la nouvelle république, M. Otto Grotewohl, ancien membre du parti social-démocrate allemand, élu ministre président, constitua le gouvernement.
Bien qu’elle fût prévue, la consécration constitutionnelle de la division de l’Allemagne réalisée par la création de la République fédérale (RFA) de Bonn, puis de la RDA de Berlin, pose aux gouvernements américain, britannique et français de nouveaux et délicats problèmes. L’ensemble de la politique commune des Occidentaux en Allemagne paraît sujette à révision ; les décisions pourtant récentes de Washington sont dépassées, et le moment semble venu pour effectuer, à l’égard de l’Allemagne de l’Ouest, le geste décisif qui consacre officiellement une situation acquise.
La naissance de la RDA fut saluée de diverses façons : M. Dean Acheson, secrétaire d’État des États-Unis, déclarait aussitôt après la proclamation du nouvel État : « Le gouvernement des États-Unis considère que la soi-disant république démocratique d’Allemagne n’a aucune valeur légale et n’est pas conforme à la volonté populaire. Le nouveau gouvernement a été formé par l’unique volonté de l’URSS et du parti communiste allemand. » Le 14 octobre 1949, une note française, répondant au gouvernement soviétique qui avait, le 1er octobre, officiellement protesté contre la formation de l’État de l’Allemagne occidentale, relevait l’établissement dans le secteur oriental de Berlin d’un organe gouvernemental et ajoutait : « Le moins qu’on puisse penser de cette initiative est qu’elle ne correspond pas à l’intention qu’avait proclamé le Conseil des ministres d’atténuer les inconvénients résultant de la division de Berlin. » Le gouvernement français rejetait, quant au fond, la protestation soviétique en assurant que l’entrée en fonction du Gouvernement de Bonn ne constituait nullement un fait nouveau : qu’elle était impliquée par les décisions adoptées à Londres le 1er juin 1948, décisions auxquelles les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France avaient déclaré demeurer fidèles, lors de la récente réunion à Paris des quatre ministres des Affaires étrangères.
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