Diplomatique - Le réarmement allemand devant le Parlement français - Le plan français devant le Comité de défense du Conseil de l'Atlantique - La Conférence de Prague - Surprises en Corée - Internationalisation des problèmes de l'Union française
Les conversations entre les alliés occidentaux qui se déroulèrent au mois d’octobre 1950 donnèrent à nouveau l’occasion au gouvernement français, par ses initiatives, de manifester la position originale qu’occupe la France dans la communauté atlantique. Le 7 octobre, M. Maurice Petsche, notre ministre des Finances partait pour les États-Unis pour discuter avec les experts américains l’importance de l’aide accordée à la France et les mesures susceptibles de diminuer les effets inflationnistes du réarmement sur l’économie des pays européens. De retour à Paris, le 1er novembre, il déclarait que « l’aide américaine ne suffirait pas à résoudre tous nos problèmes financiers. »
Quant au projet français de budget commun répartissent entre les membres de l’alliance atlantique, au prorata de leur revenu national, les charges du réarmement commun, il n’est accepté ni à Washington ni par nos autres partenaires. Les États-Unis opposent à cette thèse un projet tendant à mettre en pool les fabrications d’armement, en répartissant les différentes productions entre les pays suivant leurs aptitudes économiques et leur spécialisation. D’après cette conception, il apparaîtrait plus économique pour la France de renoncer à construire les porte-avions dont la mise en chantier était prévue par notre programme naval, d’ajourner la construction de nos chars de 50 et 12 tonnes, d’équiper notre armée en voitures légères et en camions fabriqués en Italie et notre aviation tactique avec des appareils étrangers. Si cette rationalisation de la production européenne d’armement peut apparaître séduisante outre-Atlantique, M. Petsche a fait observer qu’elle entraînerait pour l’ensemble de la production française une réduction d’activités qui ne paraît pas souhaitable.
Plus encore que les questions d’organisation économique et financière, le problème du réarmement allemand demeure l’objet essentiel des entretiens franco-américains. Le 12 octobre, le ministre de la Défense nationale, M. Jules Moch était parti pour les États-Unis, il devait en revenir le 17 pour repartir le 26. Entre-temps, le gouvernement français et le Parlement avaient eu l’occasion de prendre nettement position sur les questions de principe et d’approuver des suggestions concrètes. Le 24 octobre s’ouvrait devant l’Assemblée le débat sur le réarmement allemand. Le Gouvernement proposait un projet qui subordonnait tout réarmement allemand à la réalisation d’une certaine unité européenne. Le plan gouvernemental propose la nomination d’un ministre européen de la Défense – la création d’une armée européenne composée de contingents européens – cette armée comprendrait des « unités » allemandes, unités dont M. Jules Moch devait préciser lors d’une conférence de presse à son arrivée aux États-Unis qu’elles devraient être « aussi petites que techniquement possible ». Enfin, le ministre de la Défense européenne serait assisté d’un Conseil de représentants des gouvernements européens intéressés. Le ministre et le Conseil seraient responsables devant une assemblée européenne élue. Ce plan fait usage d’idées souvent exposées au sein du Conseil de l’Europe et reprend la suggestion lancée dans ce Conseil par Mr. Churchill – et dont nous avons fait état dans une précédente chronique – d’un ministre commun de la défense européenne.
Il reste 72 % de l'article à lire
Plan de l'article






