Alors que les États-Unis de Donald Trump redéfinissent brutalement leur rôle (Venezuela, Groenland, Iran…), l’Ukraine reste en suspens : négociations laborieuses, corruption et risques de partition territoriale. L’Europe, poussée à assumer seule la sécurité du continent, doit se réarmer (drones, doctrine nucléaire, porte-avions) et repenser sa diplomatie pour éviter la vassalisation. Une occasion à saisir, malgré l’urgence et les dangers.
War in Ukraine: Between chaos and opportunity
While Donald Trump's United States is drastically redefining its role (Venezuela, Greenland, Iran…), Ukraine remains in limbo: laborious negotiations, corruption, and the risk of territorial partition. Europe, forced to assume sole responsibility for the continent's security, must rearm (drones, nuclear doctrine, aircraft carriers) and rethink its diplomacy to avoid becoming a vassal state. This is an opportunity to seize, despite the urgency and the dangers.
Le début de l’année 2026 est marqué par une série d’événements majeurs aux conséquences potentiellement graves. Lorsque le chaos s’instaure, des opportunités apparaissent ; reste à les saisir, reste à anticiper les événements futurs et le terme des errements. Cela relève de la gageure. Les algorithmes et l’intelligence artificielle (IA) les plus sophistiqués ne sauraient aujourd’hui prévoir l’avenir à court et moyen terme. Dans le même temps, certaines lignes de force se confirment en dépit de sursauts un peu erratiques de l’expression politique de notre allié et garant de la sécurité de l’Occident.
Les derniers événements – enlèvement du Président en exercice d’un État souverain et membre des Nations unies, le Venezuela ; revendications territoriales sur le Groenland et menace d’intervention en Iran –, bien que géographiquement décalés par rapport à l’Ukraine, ne sont pas sans incidences sur le conflit russo-ukrainien.
Ainsi, l’enlèvement de Nicolas Maduro, pourrait se traduire politiquement par l’émergence d’un nouveau chaos comme en Haïti ou en Libye. Le message principal véhiculé par cet acte sans précédent confirme une tendance des plus préoccupante : la fin du droit international, le contournement de l’ONU et l’affirmation de la loi du plus fort. Dans ce contexte, Donald Trump et Vladimir Poutine semblent tenir un même langage sans complexe. Ceci signifie une convergence d’intérêts plus ou moins grande, mais pas nécessairement une complicité globale. Laisser croire aux citoyens que le président des États-Unis serait manipulé par le président russe relève du fantasme complaisant. Donald Trump, à sa manière totalement déroutante et contestable, entend faire prévaloir ses intérêts et Make America Great Again (MAGA). Il le fait sans nécessairement ménager les intérêts de Moscou. En intervenant en Syrie, en Iran, au Venezuela et en revendiquant le Groenland, Washington contrecarre dans une certaine mesure les ambitions russes et lèse leurs intérêts. De même, en rappelant notamment pour justifier ses revendications sur ce territoire rattaché à l’Europe son projet de dôme doré, Donald Trump sait agiter une menace existentielle pour la Russie et incidemment pour la République populaire de Chine (RPC). Vladimir Poutine, qui est de la même génération que son homologue américain, n’est pas sans se rappeler à cette simple évocation les effets néfastes, voire mortifères, pour l’URSS de la « guerre des étoiles » lancée, en son temps, par Ronald Reagan, président républicain auquel Donald Trump aime se référer.
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