L'ambassadeur Bertrand Besancenot donne les premières pistes de réflexion sur le conflit en Iran. Il s'agit d'un pari risqué pour Donald Trump et Benjamin Netanyahou. Leur offensive conjointe vise à décapiter le régime iranien, mais se heurte à la résilience du régime et aux contraintes américaines. Si l’Iran mise sur une guerre d’usure (blocage d’Ormuz, frappes régionales), les États-Unis cherchent une victoire rapide. À l'heure où sont écrites ces lignes, le résultat demeure plus qu'incertain.
Chroniques du Moyen-Orient – Premiers éléments d’appréciation sur le conflit en Iran (T 1809)
Le président Donald Trump supervise l'opération Epic Fury à Mar-a-Lago, le 28 février 2026. (© Photo de la Maison Blanche par Daniel Torok / Flickr)
Middle East Chronicles —Initial assessments of the conflict in Iran
Ambassador Bertrand Besancenot offers initial insights into the conflict in Iran. It is a risky gamble for Donald Trump and Benjamin Netanyahu. Their joint offensive aims to decapitate the Iranian regime, but it is hampered by the regime's resilience and American constraints. While Iran is banking on a war of attrition (blockade of Hormuz, regional strikes), the United States is seeking a swift victory. As of this writing, the outcome remains highly uncertain.
L’objectif prioritaire de Donald Trump – restaurer l’hyperpuissance américaine et contrarier les ambitions chinoises – implique « d’en finir » avec les crises au Moyen-Orient et en Europe (le conflit en Ukraine) afin de se concentrer sur l’essentiel ; d’où l’initiative, au Moyen-Orient, de paix à Gaza et le soutien à Benjamin Netanyahou pour tenter de liquider « l’axe de la résistance » (anti-occidental) dirigé par l’Iran.
En Israël, l’horreur du progrom du 7 octobre 2023 a donné l’occasion au Premier ministre de tenter d’éradiquer le Hamas et son allié le Hezbollah, et désormais de « finir le travail » en « frappant la tête de la pieuvre » à Téhéran. La révolte populaire iranienne en janvier n’a, cependant, pas été saisie par Donald Trump, qui avait pourtant encouragé les manifestants et leur avait promis une aide américaine. Le président américain préférait en réalité essayer d’obtenir par une négociation sous pression militaire – l’envoi d’une redoutable « armada » – des concessions iraniennes sur leurs programmes nucléaire et balistique ainsi que sur leur appui aux milices pro-iraniennes dans la région. Le régime de Téhéran était apparemment prêt à certaines concessions sur le nucléaire, mais pas sur son programme balistique. Devant cette impasse et pour préserver sa crédibilité, Donald Trump s’est laissé convaincre par Benjamin Netanyahou de saisir l’opportunité d’une réunion des principaux dirigeants iraniens pour les éliminer par des frappes conjointes des deux pays. Le prétexte invoqué était une menace imminente d’une attaque iranienne, peu crédible.
Ce succès militaire et le lancement d’une opération de grande envergure changent naturellement la donne au Moyen-Orient. Si elle aboutit – comme l’espèrent Donald Trump, Benjamin Netanyahou et la plupart des pays occidentaux – à la chute du régime par une nouvelle révolte populaire, les équilibres régionaux seront bouleversés au profit des États-Unis et de leurs alliés. Ce serait également un coup dur pour la Chine – montrant la capacité militaire et la détermination des États-Unis – et surtout pour la Russie qui perdrait son principal allié dans la région, après avoir déjà perdu ses amis Bachar el-Assad et Nicolas Maduro.
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