La théorie des jeux prend corps au début du XXe siècle et se développe pour participer à l’anticipation stratégique. Les wargames s’inscrivent dans ce processus théorique avec l’application de règles mathématiques souvent complexes et parfois mal maîtrisées. Une réflexion est nécessaire au sein des armées pour être plus efficace quant à l’emploi de ces outils.
Game theory and wargames: rethinking strategic anticipation
Game theory took shape at the beginning of the 20th century and developed to contribute to strategic planning. Wargames fit into this theoretical framework, applying mathematical rules that are often complex and sometimes poorly understood. Military organizations need to reflect on how to use these tools more effectively.
Depuis plusieurs années, l’État-major des armées (EMA) – comme les différents états-majors d’armées – ont investi le champ des « jeux de guerre » ou wargames avec la volonté de favoriser « le questionnement, le débat contradictoire et l’exploration d’alternatives dans un monde où le caractère de la guerre évolue sans cesse » (Centre interarmées de concepts, de doctrines et d’expérimentations [CICDE], p. 7).
Si l’ambition est louable, une connaissance beaucoup trop limitée de la théorie des jeux ne permet pas d’en tirer tout le profit escompté. Les wargames peuvent même s’avérer largement contreproductifs en focalisant l’attention des décideurs sur des cas extrêmement particuliers, au réalisme douteux, au détriment d’une vision globale de la situation et des choix alternatifs qui s’offrent à eux.
Il nous semble donc aujourd’hui indispensable de resituer les wargames au sein de la théorie des jeux afin de permettre aux militaires de mieux en saisir l’intérêt mais aussi les limites. Une condition indispensable pour en faire un outil d’anticipation stratégique.
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