Aucune issue en vue pour le conflit actuel au Moyen-Orient. Malgré le cessez-le-feu du 8 avril, aucune sortie de crise n’émerge. Les blocus du détroit d’Ormuz étranglent l’économie mondiale. Les négociations butent notamment sur le nucléaire iranien. Le monde glisse vers une escalade incontrôlable.
Éditorial – Guerre au Moyen-Orient : un toboggan sans fin (T 1826)
Editorial —Middle East War: A never-ending downward spiral
There is no end in sight to the current conflict in the Middle East. Despite the ceasefire of April 8, no resolution to the crisis is emerging. The blockades of the Strait of Hormuz are strangling the global economy. Negotiations are stalled, particularly over the Iranian nuclear issue. The world is sliding toward an uncontrollable escalation.
Malgré le cessez-le-feu mis en place le 8 avril dernier, il est difficile de percevoir une réelle sortie de crise avec un processus loyal de négociations. Donald Trump ne cesse de répéter à l’envi qu’il a gagné la guerre « militairement » tandis que Téhéran, ayant survécu aux frappes massives, considère avoir résisté contre le « grand Satan » et veut, de ce fait, imposer sa loi, notamment sur le détroit d’Ormuz ; ce nœud coulant qui asphyxie chaque jour un peu plus l’économie du monde et sa stabilité.
Il y a sûrement des négociations discrètes via des intermédiaires comme le Pakistan, mais, pour autant, on ne discerne pas une vraie volonté de trouver une solution. Washington exige la capitulation d’un régime odieux et celui-ci cherche à gagner du temps, ce qu’il sait faire, d’ailleurs, depuis 1979 et l’instauration de la république islamique. La question du nucléaire reste centrale avec une impasse complète. Téhéran refuse tout compromis réel et maintient une ambiguïté permanente sur ses intentions. Or, il y a nécessité d’arriver à un arrêt du développement du programme militaire tout en conservant des projets civils sous le contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Le détroit d’Ormuz constitue le second dossier décisif. Les blocus sont une réalité et pèsent sur l’économie du monde, sans que l’on voie, là aussi, quelconque perspective de solution. Le bras de fer se poursuit avec des finalités différentes et une forme de fiasco pour tout le monde. Pour les États du Golfe, il s’agit d’une rupture durable de leur modèle de développement économique et une révision déchirante à venir de leur projet régional. Le rétablissement d’une navigation libre et en sécurité est jusqu’à présent une fiction, malgré les déclarations triomphalistes du président américain. La libération du détroit d’Ormuz serait une opération militaire majeure et difficile avec des risques de pertes humaines. En outre, le Donald Trump a tout fait pour humilier et marginaliser ses alliés, à commencer par les Européens. Difficile, dès lors, de les voir accepter de participer à une action offensive, même si plusieurs pays, dont la France, participent déjà à la défense des États du Golfe, en respect des accords de défense ; nos armées ont ainsi abattu de nombreux drones et des missiles tirés depuis l’Iran.
À quelques jours d’une visite cruciale de Donald Trump en Chine, l’instabilité provoquée par le manque de perspective politique pour une sortie de crise ne peut qu’aggraver une situation où Pékin tire son épingle du jeu et apparaît comme la puissance stable. De fait, la situation actuelle est un échec pour le président américain qui ne pourra pas toujours abuser des images générées par intelligence artificielle pour se présenter comme le vainqueur. L’heure de vérité approche avec de nombreux perdants. Le monde est sur une pente d’un toboggan très glissant, dont personne ne voit la fin. ♦
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