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  • Chroniques du Moyen-Orient – Conflit au Moyen-Orient et retrait des Émirats de l’Opep : vers une redéfinition des équilibres régionaux (T 1829)

Chroniques du Moyen-Orient – Conflit au Moyen-Orient et retrait des Émirats de l’Opep : vers une redéfinition des équilibres régionaux (T 1829)

Bertrand Besancenot, « Chroniques du Moyen-Orient – Conflit au Moyen-Orient et retrait des Émirats de l’Opep : vers une redéfinition des équilibres régionaux (T 1829)  », RDN, 11 mai 2026 - 5 pages

Dans sa nouvelle chronique du Moyen-Orient, l'ambassadeur Besancenot analyse l'évolution de la situation entre l'Iran et les États-Unis, notamment autour du détroit d'Ormuz. Le cessez-le-feu précaire au Moyen-Orient masque une confrontation indirecte : l’Iran bloque Ormuz et les États-Unis maintiennent la pression. Aucune issue militaire n’émerge et les négociations piétinent. Parallèlement, les Émirats arabes unis quittent l’Opep, misant sur l’autonomie énergétique et la diversification de l'économie.

Middle East Chronicles —Middle East War and the UAE's withdrawal from OPEC: towards a redefinition of regional balances

In his latest Middle East column, Ambassador Besancenot analyzes the evolving situation between Iran and the United States, particularly regarding the Strait of Hormuz. The precarious ceasefire in the Middle East masks an indirect confrontation: Iran is blockading Hormuz, and the United States is maintaining pressure. No military solution is emerging, and negotiations are stalled. Meanwhile, the United Arab Emirates is leaving OPEC, banking on energy independence and economic diversification.

Conflit au Moyen-Orient : y a-t-il un risque d’enlisement ?

La prolongation du cessez-le-feu dans le conflit au Moyen-Orient constitue apparemment moins un moment de calme qu’une admission tacite que la guerre, sous sa forme classique, n’est plus l’option privilégiée, ni facilement réalisable. À sa place, on est peut-être entré dans une phase plus complexe et sans doute plus fragile : un conflit qui continue mais sous une forme modifiée, contenue, calibrée et constamment renégociée.

Après des semaines de confrontation directe, les États-Unis et l’Iran sont en effet engagés dans ce que l’on peut qualifier de guerre d’usure gérée. Le champ de bataille n’a pas disparu ; il a juste changé. La prolongation du cessez-le-feu, annoncée par le président Trump, n’est pas intervenue après une avancée majeure, mais dans une impasse, alors que Washington attend toujours une « proposition unifiée » acceptable de Téhéran pour relancer les négociations. Cela révèle la réalité sous-jacente : la diplomatie se poursuit sous médiation pakistanaise non pas parce que les conditions se sont améliorées, mais parce que les alternatives sont devenues trop coûteuses.

Pourtant, bien que les armes se soient relativement tues, le conflit lui-même ne s’est pas calmé : il a migré vers l’espace maritime autour du détroit d’Ormuz, désormais l’axe central de pression. L’Iran a alterné entre la restriction et la proposition de rouvrir le détroit, tandis que les États-Unis maintiennent un blocus naval explicitement lié aux exigences plus larges du programme nucléaire de Téhéran. Le résultat est une situation paradoxale, un cessez-le-feu aérien et terrestre, avec une impasse en mer.

Ce changement reflète une transformation plus profonde de la nature du conflit. Aucun des deux camps ne peut obtenir une victoire décisive à un coût acceptable. Les États-Unis conservent une supériorité militaire écrasante, mais une guerre à grande échelle risque une déstabilisation régionale et un choc économique mondial. L’Iran, en revanche, ne peut pas vaincre militairement les États-Unis, mais cela ne lui est pas nécessaire. Sa stratégie est de perdurer, d’imposer des coûts et de tirer parti de sa géographie, en particulier sa proximité avec des voies énergétiques critiques, afin de pérenniser le régime et son pouvoir de négociation.

Dans ce contexte, le conflit s’est éloigné de la domination territoriale ou militaire pour se tourner vers le contrôle des points de pression. Le détroit d’Ormuz n’est pas seulement un point d’étranglement énergétique, il est devenu un instrument géopolitique. La capacité de l’Iran à perturber ou à conditionner l’accès au détroit lui confère un levier bien au-delà de ses capacités militaires conventionnelles, tandis que le blocus américain cherche à neutraliser ce levier en imposant une contre-pression.

Parallèlement, les négociations se poursuivent sous médiation pakistanaise, mais sans convergence significative à ce stade. Washington insiste sur un cadre global qui prenne pleinement en compte les ambitions nucléaires de l’Iran. Téhéran, en revanche, a cherché à découpler les enjeux, offrant des concessions sur l’accès maritime tout en résistant à des engagements plus profonds dans ses programmes stratégiques (nucléaire et balistique). Cette divergence n’est pas tactique, elle est structurelle : les États-Unis négocient une contrainte à long terme, négocie un soulagement à court terme, en préservant ses options pour l’avenir.

La trajectoire la plus probable à court terme n’est donc pas la résolution mais une escalade contrôlée : des opérations limitées, des activités par procuration et une pression économique continue sont tous plausibles, voire attendus. Les responsables iraniens ont ainsi signalé l’éventualité d’une « confrontation limitée » avant la reprise des pourparlers, reflétant un schéma familier dans les conflits complexes : l’escalade comme prélude à la négociation, et non comme un échec.

Pourtant, ce modèle de confrontation gérée comporte des risques inhérents. Contrairement à la guerre conventionnelle, qui suit des lignes d’escalade plus claires, cette phase se situe dans une zone grise où les lignes rouges sont ambiguës et les réponses calibrées mais incertaines. Un incident naval, une frappe mal calculée ou une escalade par des mandataires pourraient rapidement déstabiliser cet équilibre fragile.

Pour la région au sens large, les implications sont profondes. Le Moyen-Orient n’est peut-être pas au bord de la guerre totale, mais il ne se dirige pas non plus vers la stabilité. Au contraire, il subsiste dans un état de suspension prolongée, où l’incertitude devient la condition déterminante. Les marchés de l’énergie restent volatils, les acteurs régionaux demeurent exposés et les puissances mondiales sont entraînées dans ce qui n’est plus une crise régionale.

La prolongation du cessez-le-feu n’a pas mis fin au conflit, elle l’a redéfini. Ce que nous observons n’est pas une paix qui prend forme, mais la gestion d’une crise ouverte à durée indéterminée dans un cadre de négociation et de pression. C’est un modèle qui peut durer un temps, mais il n’est pas intrinsèquement stable.

La véritable question n’est donc plus de savoir si la guerre reviendra sous sa forme traditionnelle, mais plutôt combien de temps ce fragile équilibre de confrontation contrôlée peut-il être maintenu avant qu’il ne se brise sous la pression économique mondiale ?

* * *

Retrait des Émirats arabes unis de l’Opep

Le retrait des Émirats arabes unis (EAU) de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), annoncé le 28 avril dernier et effectif depuis le 9 mai, n’est pas une simple inflexion, même s’il avait été annoncé il y a plusieurs mois : il s’agit d’une véritable rupture stratégique. Le départ du troisième producteur de l’organisation affaiblit en effet la cohésion du cartel, réduit sa capacité à peser sur l’offre mondiale et pourrait accentuer la volatilité des prix face aux producteurs non-membres, notamment les États-Unis.

Cette décision s’inscrit dans un contexte de guerre régionale et de vulnérabilité accrue du détroit d’Ormuz. Les EAU disposent toutefois d’un avantage stratégique : Fujairah et Khor Fakkan, sur le golfe d’Oman, permettent de contourner partiellement Ormuz. Dans une crise où exporter devient un enjeu de souveraineté, Abou Dabi veut préserver sa liberté de produire, vendre et acheminer son pétrole.

La rupture est aussi économique. Les EAU raisonnent déjà dans l’après-pétrole : fonds souverains, diversification, investissements technologiques – notamment dans l’IA –, infrastructures portuaires, puissance financière. Leur logique est claire : maximiser la valeur de l’or noir tant que la demande mondiale reste élevée, afin de financer la transition vers une économie moins dépendante du brut. Sortir de l’Opep, c’est refuser que des quotas collectifs limitent cette stratégie nationale.

La décision constitue aussi un geste de défiance envers Riyad. En rompant avec la discipline du cartel, Abou Dabi conteste indirectement le rôle saoudien de chef d’orchestre énergétique du Golfe. Les deux capitales ne défendent plus le même modèle. L’Arabie saoudite veut rester le centre de gravité du marché pétrolier et de la péninsule ; les EAU entendent devenir une puissance agile, financière, logistique et diplomatique, moins subordonnée aux arbitrages saoudiens.

Ce choix peut renforcer l’autonomie des EAU, mais il peut aussi leur coûter cher. L’Arabie saoudite n’est pas seulement un concurrent économique : elle est la puissance du voisinage capable de peser sur les équilibres régionaux, les alliances discrètes, les campagnes médiatiques et surtout les lignes de fracture internes aux EAU. Dans le Golfe, défier Riyad n’est jamais un acte sans prix, comme les Émirats arabes unis l’ont déjà constaté au Yémen.

Reste enfin l’arrière-plan politique : la « guerre des influenceurs » fait actuellement rage, avec en toile des fonds des tensions de plus en plus visibles entre Riyad et Abou Dabi, mais aussi à l’intérieur des EAU où Dubaï et Charjah contestent la politique de Cheikh Mohamed ben Zayed d’alignement sur les États-Unis et Israël. Ces signaux ne suffisent pas à annoncer une rupture interne à la confédération que sont les EAU, mais ils rappellent que les rivalités énergétiques, médiatiques et stratégiques peuvent aussi produire des effets sur les équilibres fédéraux.

Le retrait de l’Opep ne prouve donc pas une crise interne des EAU. Il montre qu’un seuil a été franchi, celui où l’autonomie stratégique d’Abou Dabi, y compris vis-à-vis des autres Émirats – Dubaï et Charjah en particulier – commence à l’emporter sur les anciennes disciplines collectives, à l’extérieur comme à l’intérieur.

Par ailleurs ce retrait de l’Opep présente une dynamique comparable au départ du Royaume-Uni de l’Union européenne. Quitter l’Opep offre aux EAU une marge de manœuvre immédiate : plus de liberté pour ajuster leur production pétrolière selon leurs intérêts nationaux.

Cependant, cette sortie s’accompagne d’un risque de perte de levier collectif au sein d’un marché mondial dominé par des alliances stratégiques. Ce choix ne se fait pas dans le vide : les EAU semblent opter pour une réorientation stratégique vers un autre cartel, bâti dans le cadre des accords d’Abraham. Ce nouveau cartel, en tissant des liens économiques, technologiques et sécuritaires avec Israël et d’autres partenaires – notamment les États-Unis – vise à compenser la perte de poids collectif de l’Opep par une influence géopolitique plus ciblée et transversale sous l’égide du dollar.

La pertinence politique est double : les Émirats arabes unis affirment leur autonomie face à l’Arabie saoudite et se positionnent comme un acteur pivot entre l’Occident, Israël et certains pays arabes. Sur le plan économique, cette réorientation pourrait offrir plus de flexibilité dans la diversification énergétique et les investissements régionaux, tout en limitant la dépendance à une coordination des quotas pétroliers, à laquelle les États-Unis et Israël sont opposés.

La question demeure cependant : dans dix ans, cette stratégie sera-t-elle perçue comme une souveraineté gagnante ou comme une perte de levier collectif face aux géants énergétiques mondiaux ? L’expérience du Brexit suggère que partir est simple, mais que recréer une influence équivalente exige une architecture stratégique très solide et patiente. Or, dans le monde de l’énergie fossile, le ressentiment à l’égard d’un grand voisin ne constitue pas une stratégie suffisante… ♦

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