L'historique Coupe du monde de football à 48 nations s'est terminée ce dimanche 19 juillet avec une victoire de l'Espagne contre l'Argentine. Plus d'une centaine de matchs se sont déroulés du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique, sous l'ombre du président Donald Trump qui a souhaité, jusqu'à la remise du trophée aux Espagnols, s'approprier l'événement. Malgré les scandales qui ont émaillé cette édition 2026, c'est bien le football qui l'a finalement emporté, avant que l'actualité écologique et guerrière ne reprenne pleinement ses droits dans cet été 2026 plus qu'incertain…
Éditorial – Un bilan géopolitique du Mondial de foot (T 1849)
Le président Donald Trump et la Première dame Melania Trump assistent à la finale de la Coupe du monde de la FIFA opposant l'Espagne à l'Argentine, le dimanche 19 juillet 2026, au MetLife Stadium (© Photo officielle de la Maison Blanche par Andrea Hanks / Flickr) / Donald Trump a souhaité figurer sur la photo finale du soulèvement de la Coupe du monde par l'équipe nationale espagnole à l'issue de leur victoire 1-0 face à l'Argentine.
Editorial —A geopolitical assessment of the World Cup
The historic 48-nation World Cup concluded this Sunday, July 19, with Spain defeating Argentina. More than a hundred matches took place between June 11 and July 19 across the United States, Canada, and Mexico, all under the shadow of President Donald Trump, who sought to claim the event as his own right up until the moment the trophy was handed to the Spanish team. Despite the scandals that marred this 2026 edition, football ultimately triumphed—before environmental and geopolitical crises once again took center stage during this summer of 2026, a season fraught with uncertainty...
Du 11 juin au 19 juillet, la planète foot a vécu au rythme de 104 matchs regroupant 48 pays dans les trois pays organisateurs, les États-Unis, le Mexique et le Canada. Déjà, l’affiche était déséquilibrée au profit des États-Unis avec un Donald Trump qui a cherché par tous les moyens à s’approprier l’événement, jusqu’à la finale comprise en s’imposant longuement sur le podium, comme s’il s’agissait de sa coupe de vainqueur… La FIFA de Gianni Infantino avait trouvé l’interlocuteur idéal pour que le Mondial soit d’abord un rendez-vous du business et des paillettes, quitte à fermer les yeux sur l’aspect sportif, notamment en octroyant un surprenant « prix de la paix » au président américain avec un trophée kitchissime mais tellement au goût du locataire du Bureau ovale.
À la décharge du président américain, il faut bien admettre que les grands événements sportifs comme la Coupe du monde ou les Jeux olympiques (JO) sont, depuis 1936, des objets géopolitiques majeurs reflétant les rapports de force et la réalité internationale. Les Coupes du monde de football n’échappent pas à cette règle, et leur évolution vers un grand show est inéluctable, d’autant plus que l’argent en est un des moteurs essentiels. Les pays accueillant ce rendez-vous sont de moins en moins des pays de football. En 2022, le Qatar, cette année aux États-Unis où le soccer est moins populaire que le basket, le baseball ou le football américain. En 2034, ce sera en Arabie saoudite, pays qui a monté en quelques années une industrie du foot spectacle. Paradoxalement en 2030, ce sera vraiment un Mondial dans des pays où la culture du foot est immense, avec le Maroc dont les résultats démontrent une progression impressionnante, le Portugal dont la réputation footballistique n’est plus à faire et enfin l’Espagne désormais double championne du monde avec ses deux équipes féminines et masculines. Un Mondial d’exception à venir…
On retiendra également de ce Mondial la participation de l’Iran dans le contexte de la guerre avec les États-Unis, la fraîcheur de l’équipe du Cap-Vert dont beaucoup de spectateurs ont dû découvrir l’existence de ce petit archipel, les polémiques autour des visas non accordés et les tensions autour de l’arbitrage avec une remise en cause des décisions, voire un non-respect des règles de séparation des pouvoirs… Là encore, la FIFA a pratiqué l’art de la compromission avec un zèle impressionnant.
Il y avait aussi des grands absents. Certes, la Russie n’est plus une grande nation du football, indépendamment d’ailleurs des sanctions internationales. La Chine et l’Inde, à elle deux représentant plus de 2 milliards d’habitants, sont totalement hors-jeu dans le sport roi qu’est le football. Et il est peu vraisemblable que ces grandes nations par la taille deviendront un jour des nations de foot, contrairement au Japon et à la Corée du Sud, régulièrement présents sur la scène internationale du ballon rond.
Au fil des matchs, ce sont quand même les nations de foot qui sont allées jusqu’au bout, avec la finale Espagne-Argentine et la petite finale France-Angleterre. De fait, c’est sur le terrain que la décision s’obtient et non pas sur le tapis vert. Preuve quand même que l’exigence sportive finit par l’emporter. Aussitôt le Mondial fini et malgré le tunnel estival – du moins pour l’hémisphère nord – la réalité géopolitique a repris ses droits immédiatement avec la guerre au Moyen-Orient, dont nul ne peut prédire l’issue. Il n’y a que l’Espagne qui peut s’assoupir à juste titre sur ses lauriers footballistiques et passer un été serein, malgré les feux de forêt gigantesques. Pour les autres, la rentrée sera compliquée.
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