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Face à la rivalité États-Unis–Chine–Russie en Amérique du Sud, le Brésil de Lula incarne une diplomatie pragmatique : diversification des partenariats, médiation internationale et autonomie régionale. Toutefois, les dépendances économiques et la fragmentation politique sud-américaine limitent son influence.
Brazil and Active Non-Alignment: Between Regional Ambitions and Geopolitical Challenges
Amid the US-China-Russia rivalry in South America, Lula’s Brazil embodies a pragmatic diplomacy characterized by the diversification of partnerships, international mediation, and regional autonomy. However, economic dependencies and South American political fragmentation limit its influence.
La capture du président Nicolas Maduro sur le sol vénézuélien et la priorité donnée au continent américain, dans son acceptation continentale, par les États-Unis dans les documents structurants de défense et de sécurité publiés en décembre 2025 et en janvier 2026 – à savoir la National Security Strategy (NSS) du 13 décembre 2025 et la National Defense Strategy (NDS) du 27 janvier 2026 – montrent que l’Amérique du Sud pourrait devenir un terreau fertile à la rivalité de plus en plus exacerbée entre les grandes puissances américaine, chinoise et russe. C’est dans ce contexte que Celso Amorim, conseiller diplomatique du président brésilien Lula, déclarait : « Le scénario politique actuel renforce le choix du Brésil de s’ouvrir à la coopération avec un large éventail de partenaires, de l’Amérique latine aux BRICS et au-delà. (1) »
Alors que le concept de non-alignement actif connait une résonnance importante dans les discours de plusieurs autorités sud-américaines, se pose la question de savoir comment et en quoi le Brésil, acteur régional et global, en constitue une expression privilégiée. Après avoir rappelé les éléments conceptuels du non-alignement avec une analyse diachronique, l’étude de sa mise en œuvre en Amérique du Sud apportera des éléments d’éclairage sur les tendances et trajectoires observables dans plusieurs pays. La singularité du Brésil comme acteur central du non-alignement actif sera alors exposée, dans sa pratique, mais également au regard les limites et paradoxes qui en découlent.
Cadre conceptuel
Origines du non-alignement : de Bandung à la fin de la guerre froide
Souhaitant se protéger de l’influence croissante des États-Unis et de l’URSS qui cherchaient à rallier le monde à leur cause dans le contexte de la guerre froide, les premiers pays adhérents au mouvement du non-alignement (2) affirmèrent, au milieu des années 1950, une volonté conjointe de préserver leur indépendance politique et économique face à la bipolarisation mondiale. À leur soutien aux pays encore colonisés et à la dénonciation systématique de l’impérialisme occidental et soviétique s’est ajoutée une critique de l’ordre économique international, jugé injuste et excluant.
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