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  • Le Brésil et le non-alignement actif : entre ambitions régionales et défis géopolitiques (T 1850)

Le Brésil et le non-alignement actif : entre ambitions régionales et défis géopolitiques (T 1850)

Alexis Ravera, « Le Brésil et le non-alignement actif : entre ambitions régionales et défis géopolitiques (T 1850)  », RDN, 23 juillet 2026 - 7 pages

Image générée par IA (Adobe Stock)
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Face à la rivalité États-Unis–Chine–Russie en Amérique du Sud, le Brésil de Lula incarne une diplomatie pragmatique : diversification des partenariats, médiation internationale et autonomie régionale. Toutefois, les dépendances économiques et la fragmentation politique sud-américaine limitent son influence.

Brazil and Active Non-Alignment: Between Regional Ambitions and Geopolitical Challenges

Amid the US-China-Russia rivalry in South America, Lula’s Brazil embodies a pragmatic diplomacy characterized by the diversification of partnerships, international mediation, and regional autonomy. However, economic dependencies and South American political fragmentation limit its influence.

La capture du président Nicolas Maduro sur le sol vénézuélien et la priorité donnée au continent américain, dans son acceptation continentale, par les États-Unis dans les documents structurants de défense et de sécurité publiés en décembre 2025 et en janvier 2026 – à savoir la National Security Strategy (NSS) du 13 décembre 2025 et la National Defense Strategy (NDS) du 27 janvier 2026 – montrent que l’Amérique du Sud pourrait devenir un terreau fertile à la rivalité de plus en plus exacerbée entre les grandes puissances américaine, chinoise et russe. C’est dans ce contexte que Celso Amorim, conseiller diplomatique du président brésilien Lula, déclarait : « Le scénario politique actuel renforce le choix du Brésil de s’ouvrir à la coopération avec un large éventail de partenaires, de l’Amérique latine aux BRICS et au-delà. (1) »

Alors que le concept de non-alignement actif connait une résonnance importante dans les discours de plusieurs autorités sud-américaines, se pose la question de savoir comment et en quoi le Brésil, acteur régional et global, en constitue une expression privilégiée. Après avoir rappelé les éléments conceptuels du non-alignement avec une analyse diachronique, l’étude de sa mise en œuvre en Amérique du Sud apportera des éléments d’éclairage sur les tendances et trajectoires observables dans plusieurs pays. La singularité du Brésil comme acteur central du non-alignement actif sera alors exposée, dans sa pratique, mais également au regard les limites et paradoxes qui en découlent.

Cadre conceptuel

Origines du non-alignement : de Bandung à la fin de la guerre froide

Souhaitant se protéger de l’influence croissante des États-Unis et de l’URSS qui cherchaient à rallier le monde à leur cause dans le contexte de la guerre froide, les premiers pays adhérents au mouvement du non-alignement (2) affirmèrent, au milieu des années 1950, une volonté conjointe de préserver leur indépendance politique et économique face à la bipolarisation mondiale. À leur soutien aux pays encore colonisés et à la dénonciation systématique de l’impérialisme occidental et soviétique s’est ajoutée une critique de l’ordre économique international, jugé injuste et excluant.

Des premières conférences, notamment celle de Bandung en avril 1955, jusqu’à la fin de la guerre froide, le non-alignement visait l’atténuation des effets de la bipolarité, l’instauration de la coexistence pacifique à l’échelle mondiale, la préservation de la sécurité des pays adhérents et une critique assumée de l’ordre économique international (3).

Durant cette période, le mouvement a toutefois montré ses limites et ses incohérences. L’hétérogénéité des pays participants et la faible institutionnalisation du mouvement ont suscité de nombreuses critiques. La perméabilité à divers courants idéologiques, notamment à travers le concept « d’alliance naturelle » soutenu par plusieurs États proches du bloc communiste (4), a fragilisé sa cohésion. La rivalité, voire la conflictualité ouverte entre certains membres, ainsi que des critères d’intégration très subjectifs, traduisant davantage une volonté d’extension que de cohérence, ont contribué à son affaiblissement. 

Cependant, avec la chute de l’URSS et la fin de la bipolarisation, le non-alignement n’a pas disparu, mais a fait l’objet d’une réinterprétation.

Le concept renouvelé du non-alignement

Bien que le mouvement des non-alignés, dans sa forme historique n’ait pas complètement disparu – comme en témoigne la tenue de son dernier sommet en 2019 à Bakou en présence de 120 pays – le concept du non-alignement a connu, au début des années 2010, une réinterprétation afin de s’adapter au contexte géopolitique contemporain.

Dans la continuité des revendications formulées durant la période de la guerre froide, l’ambition demeure le refus de s’inscrire dans un camp ou dans un autre, notamment face à l’intensification de la confrontation sino-américaine, et le maintien de la cohésion du groupe afin d’être en mesure de faire valoir ses intérêts spécifiques. Le non-alignement vise ainsi à agir sans se soumettre à une logique de bloc, sans pour autant relever de la neutralité.

En effet, la neutralité, concept juridique lié à l’état de guerre, se distingue du non-alignement qui est d’ordre politique et s’applique en temps de paix. De même, le non-alignement se différencie de l’autonomie stratégique, laquelle se caractérise par un objectif fonctionnel : garantir une capacité de décision et d’action indépendante sans exclure l’existence d’alliances.

Dans sa compréhension contemporaine, le non-alignement implique surtout une posture active. Dans un environnement international instable et imprévisible, les États qui s’en revendiquent cherchent à préserver des options ouvertes et à adopter, au cas par cas, la position la plus favorable à leurs intérêts. C’est en ce sens que s’est imposée l’expression de « non-alignement actif ».

Région considérée comme éloignée de nombreuses problématiques internationales, l’Amérique du Sud semble devenir un enjeu de la rivalité entre les États-Unis et la Chine. Dès lors, il apparaît intéressant de voir comment se traduit le non-alignement actif auquel plusieurs États de la région font référence pour conduire leur politique extérieure, défendre leur prise de position et justifier leurs décisions.

Le non-alignement actif en Amérique latine : trajectoires et tendances régionales

Tradition d’autonomie régionale

Durant la guerre froide, les États-Unis, dans l’esprit de la doctrine Monroe (5), ont exercé une influence en Amérique du Sud, n’hésitant pas à recourir à des politiques d’intervention économique et militaire (6), afin d’empêcher l’émergence de gouvernements communistes ou favorables à l’URSS. Certains États ont néanmoins cherché à s’émanciper de cette domination, à l’image de l’Argentine sous les présidences de Juan Peron (1946-1955 et 1973-1974), qui adopta une politique de neutralité.

Après la fin de la bipolarisation, l’hégémonie nord-américaine s’est imposée en l’absence de compétiteurs directs. Toutefois, en Amérique du Sud, cette influence a progressivement été contestée par l’arrivée au pouvoir de dirigeants revendiquant une posture anti-américaine, comme Hugo Chavez au Venezuela, ou aspirant à un rôle global, à l’image du président brésilien Lula.

Au début des années 2010, des acteurs jusqu’alors perçus comme essentiellement régionaux ont renforcé leur poids international. La Chine, en particulier, est devenue un partenaire économique indispensable (7). La dynamique d’un ordre multipolaire s’est ainsi consolidée, ouvrant un espace propice au développement du non-alignement actif en Amérique du Sud.

Diversité des pratiques nationales

Considéré comme une réponse adaptée aux effets de la multipolarité, le non-alignement actif vise à combiner souveraineté politique, diversification économique afin de maximiser les opportunités et coopération multilatérale. Popularisé par des diplomates et universitaires sud-américains, tels Jorge Heine, Carlos Fortin et Carlos Ominami (8), il préconise que les États évaluent chaque question internationale selon ses propres intérêts, sans alignement systématique sur l’un des grands pôles de puissance. Cependant, dans la pratique, le non-alignement actif n’est pas mis en œuvre de manière uniforme, comme les cas suivants l’illustrent.

En Argentine, le non-alignement actif est un marqueur fort de la politique exécutée par les différents gouvernements depuis les années 2000. Les présidences de Kirchner puis de Macri, de 2003 à 2023, sont marquées par une volonté de renforcer le rôle régional du pays comme de contribuer au renforcement des organisations régionales – MERCOSUR (9) et Union des nations sud-américaines (UNASUR) (10) –, par une opposition revendiquée aux ingérences extérieures et une diversification des partenaires économiques. En 2023, le président Javier Milei, malgré sa proximité idéologique avec le président Trump, maintient les liens économiques avec la Chine (11).

Au Chili, après le régime militaire du général Pinochet (12) qui s’appuyait sur le soutien militaire et économique des États-Unis et qui s’était retiré du mouvement des non-alignés auquel le pays participait depuis 1973 (13), les gouvernements successifs ont conduit des politiques de diversification des partenariats, notamment dans le domaine économique, avec une préférence pour le bloc occidental. Au début des années 2010, le non-alignement actif apparaît dans le discours politique comme une orientation stratégique dont l’objectif principal est de conserver l’autonomie du pays face aux pressions diplomatiques, notamment celles des États-Unis, et en gardant une certaine distance vis-à-vis de la Chine.

Malgré son adhésion au mouvement des non-alignés en 1983 (14), la Colombie a maintenu des liens très étroits avec les États-Unis, notamment dans les domaines économique, sécuritaire et militaire (lutte contre le narcotrafic). Au-delà des tensions actuelles entre les présidents américain et colombien, la tendance à un alignement avec le bloc occidental demeure un marqueur fort. Néanmoins, la rhétorique anti-impérialiste et la volonté de renforcer les liens au sein des organisations régionales, qui restent présentes dans le discours des autorités colombiennes, constituent des éléments caractéristiques du non-alignement.

De manière générale, la majorité des États sud-américains intègrent des éléments de non-alignement actif sans adopter de ligne homogène. Les politiques extérieures varient selon les gouvernements et les contextes économiques.

De son côté, le Brésil, première économie d’Amérique du Sud se considérant comme un acteur régional indispensable, adopte et revendique une stratégie de non-alignement actif, depuis la première élection de Lula Da Silva à la présidence de la République en 2003.

Le Brésil : acteur central du non-alignement actif

État le plus peuplé d’Amérique du Sud, onzième économie mondiale (15), membre de plusieurs organisations ou groupes internationaux, comme le G20, l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ou les BRICS, le Brésil revendique un rôle régional et global majeur. Le non-alignement actif constitue aujourd’hui l’orientation structurante de sa politique étrangère.

Pratique du non-alignement actif sous les présidences Lula (2003-2010 et depuis 2023)

Depuis son arrivée au pouvoir en 2003, Lula da Silva a mis en œuvre une politique extérieure multidimensionnelle. Ainsi, comme le souligne le politiste spécialiste des relations internationales Bruno Muxagato (16), elle se matérialise par un renforcement de la présence et la participation aux principales organisations internationales, à un rapprochement avec les autres pays émergents, au développement des relations Sud-Sud, au maintien des relations avec les pays industrialisés, à l’acceptation de participer militairement à des opérations de l’ONU ou de proposer sa médiation dans des crises régionales ou extrarégionales (conflit israélo-iranien et nucléaire iranien en 2010). Avant tout soucieux de défendre les intérêts du pays, le président Lula a également fortement contribué au développement et au renforcement de l’intégration régionale, notamment avec le MERCOSUR et l’UNASUR, ainsi qu’à un rapprochement stratégique avec les grandes nations émergentes (BRICS ou IBAS – Inde, Brésil, Afrique du Sud). Poursuivant sur les mêmes principes, la présidence de Dilma Rousseff n’a pas connu d’évolution significative.

Avec la présidence de Jair Bolsonaro (2019-2022), dont la proximité idéologique avec le président américain Donald Trump est un marqueur significatif, la politique extérieure du Brésil a pris des orientations différentes : prédominance de la relation avec les États-Unis, moindre implication voire retrait de plusieurs forums régionaux, renforcement des liens avec la Russie et adoption d’une posture controversée, tant au niveau national qu’international, sur les questions environnementales et de coopération internationale. Comme le souligne l’ambassadeur Ruben Barbosa (17) dans un entretien donné au journal Correio braziliense le 24 août 2020 (18), le Brésil, durant cette période, s’isole car il est perçu comme trop aligné sur les États-Unis.

De nouveau président en 2023, Lula, dans la continuité de ses deux précédents mandats, mène une diplomatie visant à la reconnaissance du Brésil comme acteur global. Fidèle aux principes du non-alignement actif, il cherche avant tout à établir une relation équilibrée avec les États-Unis, la Chine, la Russie et l’Union européenne en privilégiant la position la plus favorable aux intérêts nationaux. En parallèle de son engagement à la promotion et au développement des BRICS, il fait preuve d’un activisme conséquent à l’intégration régionale, notamment à travers les organisations et forums régionaux comme la Communauté des États latino-américains et caraïbes, le MERCOSUR et l’UNASUR.

Limites et paradoxes du non-alignement actif comme outil de la politique extérieure du Brésil

L’évolution récente du paysage politique sud-américain, marquée par l’arrivée au pouvoir de dirigeants conservateurs ou ultralibéraux (19), réduit les marges de manœuvre du Brésil en matière d’intégration régionale. Malgré l’énergie déployée par Lula, le Brésil perd de l’espace dans ce qu’il considère comme son environnement stratégique prioritaire.

Par ailleurs, la posture de non-intervention revendiquée par Brasilia, notamment à l’égard du conflit en Ukraine (20), met en lumière certaines dépendances économiques persistantes, qui limitent la portée effective du non-alignement actif.

Conclusion

La politique extérieure actuelle du Brésil, dont le non-alignement constitue un outil de mise en œuvre, soulève plusieurs interrogations. Dans un contexte où la rivalité entre les États-Unis et la Chine en Amérique du Sud pourrait prendre des proportions encore plus importantes, l’intégration régionale, jugée impérative pour éviter d’être considérés comme de simples dominions américains ou chinois, ne semble pas dépasser le stade du discours incantatoire. Par ailleurs, l’usage du non-alignement actif pour justifier une posture difficile à appréhender dans et en dehors du pays pourrait contribuer à consolider la perception que, finalement, le géant sud-américain est condamné à jouer un rôle périphérique. ♦


(1) Amorim Celso, « How can we live in a world without rules? », The Economist, 19 janvier 2026.
(2) Les premiers pays adhérents au mouvement des non-alignés étaient l’Inde, l’Égypte et la Yougoslavie, dont les dirigeants Nehru, Nasser et Tito ont posé les bases du mouvement lors de la conférence de Brioni en 1956.
(3) Braillard Philippe, Mythe ou réalité du non-alignement, 1987 (rééd. 2015), p. 65.
(4) Ibidem, p. 39.
(5) La doctrine Monroe, énoncée par le président américain James Monroe en 1823, affirme que le continent américain n’est plus ouvert à la colonisation européenne et interdit toute intervention des puissances européennes dans les affaires de l’hémisphère occidental.
(6) On peut citer : en 1964 au Brésil, soutien logistique et diplomatique à l’armée qui renverse le président Joao Goulart ou de 1970 à 1973 au Chili, financement de la campagne anti-Allende et soutien aux forces armées.
(7) En 2026, 21 pays de la zone Amérique latine/Caraïbes font partie de la Belt and Road Initiative, élément emblématique de la stratégie économique chinoise.
(8) Heine Jorge, Fortin Carlos, Ominami Carlos : Active Non-Alignment and Latin America: A Doctrine for the New Century, 2021.
(9) Créé en 1991, le MERCOSUR (Marché commun du Sud) est une zone de libre-échange en Amérique du Sud, créée par le traité d’Asunción pour favoriser la libre circulation des biens, services et facteurs productifs entre les pays membres.
(10) Créée en 2008, l’UNASUR (Union des nations sud-américaines) a été fondée pour promouvoir l’intégration économique, culturelle, sociale et politique entre les États-membres, avec des projets comme une route transcontinentale et une zone de libre-échange, sur le modèle de l’Union européenne.
(11) Appartenant à la Belt and Road Initiative (Les nouvelles routes de la soie) chinoise depuis 2022, l’arrivée au pouvoir de Javier Milei en 2023 n’a pas conduit à la sortie de l’Argentine d’un des programmes les plus emblématiques de la montée en puissance de l’influence chinoise.
(12) Entre 1973 et 1990, le général Augusto Pinochet a gouverné le Chili après un coup d’État qui a conduit au renversement du président Allende. Durant cette période, le régime a procédé à une répression ayant conduit à plus de 3 000 morts et disparus, sans compter les nombreux actes de torture.
(13) Ayant eu le statut d’observateur durant les conférences du Caire (1964) et de Lusaka (1970), le Chili participe comme membre du mouvement des non-alignés à la conférence d’Alger en 1973. Il le quitte avec l’arrivée au pouvoir du général Pinochet.
(14) Observatrice au sommet de La Havane en 1979, la Colombie participe comme membre du mouvement des non-alignés depuis le sommet de New Delhi en 1983. En 1995, Carthagène des Indes a accueilli la 11e conférence ministérielle du mouvement.
(15) PIB par pays (2026) – FMI (https://www.worldometers.info/fr/pib/pib-par-pays).
(16) Muxagato Bruno, « L’affirmation du Brésil comme puissance globale », Annuaire français des relations internationales, 2013, p. 55-60, p. 55 (https://shs.cairn.info/annuaire-francais-de-relations—9781090429284-page-55?lang=fr).
(17) Ancien ambassadeur du Brésil au Royaume-Uni (1994-1999) puis aux États-Unis (1999-2004), Ruben Barbosa anime plusieurs think tanks traitant de la politique extérieure brésilienne.
(18) Vasconcellos Jorge, « Entrevista – Rubens Barbosa » [en brésilien], Correio braziliense, 24 août 2020 (https://www2.senado.leg.br/bdsf/bitstream/handle/id/578116/noticia.html).
(19) En 2023, Javier Milei, idéologiquement proche de président Trump et ultralibéral, est élu en Argentine. En octobre 2025, Rodrigo Paz, du centre droit, est élu président de la Bolivie et met fin à 20 ans de socialisme. En décembre 2025, José Antonio Kast, personnalité d’extrême droite, est élu à la tête du Chili.
(20) Le Brésil soutient une relation pragmatique avec la Russie, centrée sur le commerce, la coopération technique ainsi que les forums multilatéraux et, plus particulièrement dans le cadre des BRICS. Cette posture s’explique également par la dépendance brésilienne aux intrants chimiques russes nécessaire à la fabrication des engrais utilisés en agriculture.

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