Depuis des décennies, l’Ukraine lutte pour affirmer son identité face à la domination russe, polonaise et austro-hongroise. La glasnost de Gorbatchev offre une ouverture et l’année 1991 accélère le mouvement : le 24 août 1991, le Parlement ukrainien proclame l’indépendance. L’Ukraine indépendante marque la fin de l’URSS et le début d’une nouvelle ère, mais l’équilibre stratégique reste fragile.
35th anniversary of the proclamation of Ukraine's independence
For decades, Ukraine has struggled to assert its identity in the face of Russian, Polish, and Austro-Hungarian domination. Gorbachev’s glasnost offered an opening, and 1991 accelerated the momentum: on August 24, 1991, the Ukrainian parliament proclaimed independence. An independent Ukraine marked the end of the USSR and the beginning of a new era, yet the strategic balance remained fragile.
Le mouvement vers l’indépendance cheminait sans relâche depuis des décennies. La volonté d’affirmer l’existence d’une nation et d’une culture ukrainiennes se heurtait à la politique assimilatrice des différents États dominants dans la région, l’empire russe, la Pologne et l’Autriche-Hongrie. L’échec du premier État ukrainien qui émerge entre 1917 et 1919, dont l’indépendance éphémère est reconnue par le premier traité de Brest-Litovsk du 8 février 1918 entre l’Ukraine et l’Allemagne impériale et confirmée par le second traité de Brest-Litovsk du 3 mars 1918 entre l’Allemagne et la Russie bolchevique, représentée par Léon Trotski, contraint de nouveau le mouvement à la clandestinité. La reconquête de l’Ukraine par l’armée rouge, dirigée par le même Trotski ouvre une période dramatique pour le peuple ukrainien, caractérisée par la « dékoulakisation », la collectivisation forcée des terres et surtout par la « grande famine » (Holodomor) qui entraîna la mort de plusieurs millions d’Ukrainiens. La Seconde Guerre mondiale offre une fausse opportunité que certains nationalistes emprunteront. La paix retrouvée en 1945 signifie pour l’Ukraine la reprise de la tutelle du pays par l’Union soviétique, son parti communiste, dirigés de main de fer par un Staline victorieux. Le mouvement poursuivait cependant son cheminement d’une manière clandestine, malgré les obstacles nombreux, au sein de la toute-puissante URSS.
Une opportunité inattendue : la glasnost de Gorbatchev
Depuis le 16 juillet 1990, le mouvement prend une nouvelle tournure avec l’adoption de la « Déclaration sur la souveraineté de l’Ukraine » par le Soviet Suprême de la République soviétique d’Ukraine. Il ne s’agissait pas encore d’une déclaration formelle d’indépendance mais d’une sorte de feuille de route devant conduire à plus d’autonomie au sein de l’URSS alors dirigée par Mikhaïl Gorbatchev.
L’adoption de ce texte avait été rendue possible par la politique de glasnost (transparence) menée par le Président soviétique pour tenter de réformer un État en plein.
Il reste 84 % de l'article à lire