Dans cette nouvelle chronique du Moyen-Orient d'été, l'ambassadeur Bertrand Besancenot fait le point sur les dernières évolutions de la situation des pays du Golfe, notamment à l'égard du conflit qui oppose l'Iran aux États-Unis et à Israël. En passant par la visite du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane à Paris et l'accord de La Mecque entre l'Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie, la région, aux centre de toutes les attentions internationales est toujours dans une impasse stratégique.
Middle East Chronicles —Difficulties, diplomacy, war and new alliances (Summer 26)
In this latest summer update on the Middle East, Ambassador Bertrand Besancenot reviews recent developments concerning the Gulf states, particularly regarding the conflict pitting Iran against the United States and Israel. From Saudi Crown Prince Mohammed bin Salman’s visit to Paris to the Mecca agreement between Saudi Arabia, Pakistan, and Turkey, the region—the focus of intense international attention—remains at a strategic impasse.
Quiconque observe les relations entre les États du Golfe et l’Iran constatera que, entre le 25 juin et le 4 juillet dernier, trois signaux importants sont à relever : la déclaration ministérielle publiée à la suite d’une réunion du Conseil de coopération des États arabes du Golfe (CCEAG) à Manama (Bahreïn), le canal de « négociation technique » américano-iranien à Doha et la présence diplomatique golfique soigneusement calibrée à Téhéran lors des funérailles du Guide Suprême Ali Khamenei. L’analyse conjointe de ces signaux montre un changement dans la position des États du Golfe, passant de la période de confrontation à la recherche de solutions négociées concrètes fondées sur des bases durables, qui visent à sécuriser les intérêts communs de toutes les parties sans permettre à l’Iran d’exercer une influence négative. Cela se traduit par le fait que les États arabes du Golfe n’ont pas fermé leurs canaux de communication avec Téhéran malgré ses récentes attaques contre le Koweït et Bahreïn. Parallèlement, ils n’ont pas permis que le cours des négociations entre Washington et Téhéran se déroule en dehors d’eux sur des questions qui affectent directement la sécurité du Golfe.
La réunion ministérielle du 25 juin entre les États-Unis et le CCEAG s’est tenue dans la capitale bahreïnienne. Elle s’est conclue par une déclaration saluant le protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran signé le 17 juin et reconnaissant le rôle positif de la médiation du Qatar et du Pakistan. La déclaration conjointe souligne également la nécessité d’empêcher l’Iran de développer ou d’acquérir une arme nucléaire et inclut dans les menaces à contenir les missiles balistiques, les drones et le soutien aux milices pro-iraniennes dans la région. Elle souligne aussi l’importance d’assurer une navigation libre et sécurisée dans le détroit d’Ormuz, en rejetant toute redevance ou tentative de l’Iran d’affirmer son contrôle sur ce dernier.
Ces points montrent clairement l’intention des pays du Golfe de ne pas limiter un futur arrangement régional à la seule question nucléaire et de traiter également la conduite régionale de l’Iran. L’expérience de l’accord nucléaire de 2015 a en effet démontré aux États arabes du Golfe que, bien qu’un accord limité puisse réduire la probabilité d’une confrontation, il laisserait les instruments de pression iraniens actifs en Irak, au Yémen, au Liban et en Syrie. Pour cette raison, la déclaration de Manama traite toutes les questions en suspens dans un cadre unique.
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