Entre l'Ukraine et le Moyen-Orient, les évènements géopolitiques n'invitent guère à l'optimisme et relèvent d'une triste banalité.
Éditorial – Une semaine ordinaire (T 1865)
Char détruit (© Pixabay)
Editorial – An ordinary week
Between Ukraine and the Middle East, geopolitical events hardly invite optimism and are sadly banal.
Les nuits se ressemblent au-dessus de l’Ukraine avec des frappes quasi incessantes sur les villes touchant des cibles bien davantage civiles que militaires. Poutine ne supporte pas son échec et veut punir les Ukrainiens qui lui font l’affront de résister depuis plus de 4 ans et demi. Terroriser, isoler, appauvrir et faire mal en s’appuyant sur un narratif bien rodé où la Russie voudrait se faire passer pour une victime qui ne ferait que se défendre. Un narratif bien relayé y compris chez nous avec des personnalités qui veulent laisser tomber l’Ukraine et prétendre construire un espace géopolitique de l’Atlantique à l’Oural. L’esprit de Munich est hélas persistant.
Ainsi, quand le Kremlin considère que le seul lieu de discussion ne pourrait être que Moscou, cela signifie bien le cynisme du Tsar de toutes les Russies et sa fuite en avant, incapable de la moindre concession, pensant que le président Zelensky accepterait après tant de sacrifices d’aller à Canossa. Ça montre aussi que fracturer l’Europe par ce mélange de guerre hybride avec des actions de manipulation ou de désinformation et des actes cinétiques de plus en plus agressifs est un des objectifs stratégiques du Kremlin. De fait, la guerre va se poursuivre avec son cortège de victimes civiles. Cette semaine, comme la semaine dernière et, hélas, les semaines à venir.
Au Moyen-Orient, il en est de même malgré le désintérêt affiché de Donald Trump exigeant que l’Ukraine ne frappe pas les raffineries russes produisant le diesel si indispensable pour les électeurs-conducteurs aux États-Unis. Alors que le chaos géopolitique engagé depuis le 28 février incombe en très grande partie au Président américain persuadé de sa grandeur et aveuglé par son hubris.
Les récentes victoires des rebelles houthis (et par extension de l’Iran) leur permettent de contrôler le détroit de Bab-el-Mandeb, ce qui accroît encore plus l’incertitude stratégique, obligeant à revoir les routes maritimes, artères vitales de la mondialisation et de la maritimisation de l’économie. L’impact est durable et grave pour l’Europe et la France notamment, augmentant l’anxiété nationale et le pessimisme français, une maladie de longue durée fragilisant notre cohésion sociale. Là encore, la semaine ne risque pas de voir des évolutions majeures, si ce n’est l’augmentation probable du prix du baril, avec toutes les conséquences que l’on connaît et sans voir de porte de sortie raisonnable.
De fait, ces semaines se suivent, se ressemblent et désespèrent car il n’y a pas de voies crédibles de négociations. Poutine poursuit sa guerre, Téhéran joue et intimide, tout en réprimant sa population. Trump se disperse, espérant sauver les meubles à quelques semaines des midterm elections le 3 novembre. La seule espérance visible en particulier pour la France, mais aussi l’Europe, va se dérouler d’ici quelques jours avec la visite de Léon XIV à Paris, Lourdes et Metz. Si le Vatican n’a pas de divisions militaires, la parole du Pape porte haut et fort, y compris lorsqu’il souligne les enjeux autour de l’IA pour l’avenir de l’humanité. Un message – bien au-delà des questions de foi et de religion – qui tranche et qui est plus que jamais nécessaire dans le chaos géopolitique actuel. ♦








