La France et les Nations unies
Celui qui entreprend de traiter objectivement des rapports de la France avec les Nations Unies, court actuellement le risque de se heurter à l’incompréhension, voire à l’hostilité, de bon nombre de ses lecteurs. Peu d’institutions internationales sont en effet aussi impopulaires auprès du public français qui aurait tendance à faire preuve à l’égard de l’O.N.U. d’une excessive sévérité. Dès l’origine, l’échec de la Société des Nations avait amené bon nombre d’esprits à douter de l’efficacité et de l’avenir de la nouvelle organisation ; depuis lors, l’intervention des Nations Unies dans l’affaire de Suez et la question algérienne a encore augmenté l’hostilité d’une partie de l’opinion française à son égard. Prenons garde cependant de ne pas nous laisser entraîner par nos ressentiments, si justifiés soient-ils, et efforçons-nous de rester objectifs dans notre jugement.
Que reprochons-nous aux Natios Unies ?
Notre actuel Ministre des Affaires étrangères a déclaré un jour que, pour jouer véritablement son rôle, l’Organisation des Nations Unies devrait être « un forum mondial, impartial, consacré à la solution des problèmes et voué à l’amélioration de l’entente internationale ». Il laissait clairement entendre par là que l’institution ne remplissait pas ces conditions. Est-ce exact ?
Oui, certainement, dans l’immédiat, mais le contraire était-il possible ?
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