Otan - Les États-Unis et une « Force de frappe européenne » - La stratégie soviétique - Manœuvres - Nouvelles brèves
À l’approche des grandes réunions de fin d’année (Conférence des Parlementaires, Comité militaire, session ministérielle de décembre du Conseil Atlantique), la situation de certains problèmes vient de se trouver précisée. Non certes qu’officiellement l’Otan ait défini telle ou telle position (il lui serait d’ailleurs difficile de le faire), mais la réunion, à Copenhague, de l’Assemblée générale de l’Association du Traité de l’Atlantique a fourni l’occasion de mises au point qui faciliteront, semble-t-il, les discussions des prochaines semaines.
Les États-Unis et une « force de frappe européenne »
Depuis plusieurs mois – à dire vrai, les divergences de vues s’étaient manifestées avant le retour au pouvoir du général de Gaulle – la réorganisation du potentiel nucléaire de l’Alliance atlantique figure à l’ordre du jour de toutes les réunions, en même temps qu’à l’arrière-plan de toutes les discussions. Les données du problème sont connues, nous n’y insisterons pas. Mais elles demeurent complexes, et trop souvent certains suggèrent des solutions en négligeant les éléments de base de la controverse. C’est sans doute pour cela que, le 27 septembre, des informations « officieuses » laissaient entendre que les États-Unis étaient à la veille de modifier radicalement leur attitude à l’égard de la politique militaire française, et d’accorder à la « force de frappe » un appui qu’ils ont jusqu’ici obstinément refusé. Il se pouvait cependant, ajoutaient ces « informations » que l’appui américain ne soit pas accordé à une « force de frappe » strictement, nationale, mais à cette « force européenne » dont M. Couve de Murville a, à diverses reprises, envisagé la création. Ce n’était pas la première fois qu’une telle idée était émise – chaque fois une mise au point de Washington avait précisé que les États-Unis n’envisageaient pas de modifier leur attitude, notamment en ce qui concerne leur opposition à la conception même d’une « force de frappe » nationale. Il en fut de même cette fois. Le jour même où cette « information » était lancée, devant l’Assemblée générale de l’Association du Traité de l’Atlantique (organisation groupant les quinze « comités atlantiques » nationaux, présidée par l’Ambassadeur Randolph Burgess – le secrétaire général étant le général Valluy), M. McGeorge Bundy, conseiller militaire du Président Kennedy déclarait : « Nous sommes arrivés à la conclusion que des forces de frappe séparées ne seraient pas utiles et que par conséquent nous ne devons pas, en matière politique, leur donner notre soutien et notre assistance ». Ce qui équivalait à une confirmation de l’opposition de Washington à la « force de frappe » nationale. M. McGeorge ajoutait : « Il serait faux de croire que l’aversion que nous ressentons pour les forces individuelles, inefficaces et non intégrées, doit être étendue automatiquement à une force européenne réellement unifiée et multilatérale, et efficacement intégrée à notre propre force ».
Quelques heures plus tard, après avoir rappelé une nouvelle fois l’opposition du Président Kennedy aux « forces de frappe » nationales, le porte-parole du Département d’État précisait : « Si les Européens eux-mêmes décident qu’une force de dissuasion européenne-Otan intégrée avec celle des États-Unis au sein de l’Otan est nécessaire et souhaitable, les États-Unis n’y mettront pas leur veto ».
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