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L’année 1976 s’est ouverte sur un transfert de l’attention générale. Alors que depuis la guerre israélo-arabe d’octobre 1973 l’intérêt se concentrait surtout sur les questions des relations entre les pays industrialisés et les pays producteurs de pétrole et, au-delà, sur l’élaboration d’un nouvel ordre économique mondial, il porte aujourd’hui sur des conflits militaires dont on peut chaque jour craindre l’extension. Sans doute le drame qui a déchiré pendant plusieurs mois le Liban n’est-il qu’un élément du conflit global du Moyen-Orient. Sans doute pressentait-on que dès son accès à l’indépendance, l’Angola serait le théâtre d’affrontements qui ne pourraient laisser les Grands indifférents. Sans doute la question du Sahara occidental avait-elle déjà fait l’objet de bien des discussions dans lesquelles les thèses marocaines et algériennes s’étaient révélées inconciliables. Il n’en demeure pas moins que la guerre civile libanaise, les affrontements angolais, les heurts algéro-marocains ont placé ces problèmes sur un plan différent.
Dans le même temps, la mort du Premier ministre chinois Chou En-laï, si elle n’a pas surpris – on savait que la maladie ne lui laissait qu’un mince sursis – a créé une situation dont les développements ne peuvent pas ne concerner que la Chine, ne fût-ce que parce que le temps de l’après-maoïsme peut être considéré comme ouvert. D’après une confidence de M. Gérald Ford, Mao Tsé-toung aurait clairement laissé entendre au Président américain que son successeur serait Teng Hsiao-ping [NDLR 2026 : Deng Xiaoping], un homme de 71 ans, écarté du pouvoir au cours de la Révolution culturelle, puis réhabilité. Comment se comportera-t-il ? N’aura-t-il pas à lutter contre les jeunes générations ? Si Mao Tsé-toung a dirigé la révolution, s’il l’anime encore, il croit devoir à chaque instant « redresser la barre ». Demain, l’évolution de ce pays, qui veut rester aussi mystérieux que son leader, apportera peut-être des surprises. Au mystère de l’immense Chine s’ajoute l’incertitude des événements qui peuvent se produire à Saïgon, Phnom-Penh ou Vientiane. Pékin, comme Moscou, voudrait bien asseoir son hégémonie sur la péninsule indochinoise. Devront-ils, l’un comme l’autre, reconnaître un jour qu’un nationalisme vietnamien, reconnaissant certes, mais fondé aussi sur l’authenticité traditionnelle, peut les renvoyer dos à dos ?
Dans le même temps encore, les difficultés auxquelles s’est heurté M. Kissinger dans son effort pour la mise au point d’un nouvel accord américano-soviétique sur la limitation des armements stratégiques, le raidissement idéologique dont ont témoigné de nombreux propos de M. Brejnev, l’appui donné par Moscou à l’une des forces qui s’affrontent en Angola, etc. ont suscité des inquiétudes quant au développement de la détente dont la Conférence d’Helsinki, en dépit de ses équivoques, avait fait lever l’espoir. C’est d’autant plus grave que, pour des raisons diverses, qui ne sont pas liées uniquement aux prochaines élections présidentielles, les États-Unis restent très en retrait, tout se passant comme si leurs problèmes domestiques, l’affaire du Watergate et la vie privée du président Kennedy, les préoccupaient plus, aujourd’hui, que les tensions internationales.
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