Politique et diplomatie - Après l'annexion du Golan
Le 14 décembre, M. Begin, tout juste sorti de l’hôpital où il venait de subir une opération, réunissait de toute urgence le cabinet, puis le parlement israélien et faisait adopter in petto une loi proclamant l’annexion des hauteurs du Golan, territoire syrien occupé par l’armée israélienne depuis la guerre de 1967. Il s’agit de pentes et d’un plateau d’une superficie d’environ 840 km2, peuplé de 15 000 Arabes, Druzes — une secte ismaélienne — dans leur quasi-totalité et de 6 000 Juifs qui ont construit une trentaine de colonies depuis 1967. M. Begin a donné de sa décision trois raisons. 1 - Pendant de nombreuses générations, dans l’histoire, les hauteurs du Golan ont fait partie de la terre d’Israël. 2 - De 1948 à 1967 les Syriens ont utilisé les positions dominantes du Golan pour bombarder et menacer les populations israéliennes. 3 - Après l’échec du sommet de Fès et le rejet nuancé du plan Fahd par les Arabes, la Syrie a déclaré qu’elle ne reconnaîtrait Israël en aucun cas.
À dire vrai, l’initiative de M. Begin ne constitue pas une surprise. On savait bien — car en Israël tous les partis, tous les gouvernements, travaillistes comme le Likud, l’avaient répété — qu’il n’était plus question de laisser les colonies de la Galilée offrir leur cible à l’artillerie du Golan. Pour Israël, la frontière avec la Syrie ne pouvait être « sûre », selon la terminologie des résolutions de l’ONU, que si des rectifications intervenaient sur ce front, qui remédient à la précarité, due à la géographie, de la situation israélienne. Notons qu’on peut s’interroger sur la valeur de cet argument compte tenu des progrès, en précision comme en portée, des engins qui sont à la disposition de tous les Belligérants éventuels.
Si elle répond aux préoccupations constantes d’Israël et si elle ne modifie pas grand-chose sur le terrain, la décision de la mi-décembre n’en constitue pas moins une mutation. Elle transforme, du point de vue israélien au moins, la présence israélienne dans le Golan en état de droit. L’administration passe des militaires aux civils et sera désormais assimilée à l’administration des autres régions d’Israël. Les Druzes se verront délivrer des cartes d’identité israéliennes — ce contre quoi certains d’entre eux ont d’ores et déjà protesté. D’autre part, le Golan se trouve, pour Israël, officiellement exclu de la catégorie des « territoires occupés » dont les résolutions de l’ONU exigent l’évacuation.
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