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  • Revue n° 888 Mars 2026
  • Géopolitique de l’Eurasie – Le « Pivot oriental » de la Russie : gage de puissance ou échappatoire ?

Géopolitique de l’Eurasie – Le « Pivot oriental » de la Russie : gage de puissance ou échappatoire ?

Eugène Berg, « Géopolitique de l’Eurasie – Le « Pivot oriental » de la Russie : gage de puissance ou échappatoire ?  » Revue n° 888 Mars 2026 - p. 130-132
Auteur(s) de l'ouvrage : Levystone Michaël Le Cavalier Bleu, 2025, 212 pages

Géopolitique de l’Eurasie – Le « Pivot oriental » de la Russie : gage de puissance ou échappatoire ?

Levystone Geopolitique de lEurasieCofondateur de l’Observatoire de la Nouvelle Eurasie, doctorant au Centre de recherches Europe-Eurasie (CREE) de l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), auteur de plusieurs ouvrages sur l’Asie centrale, Michaël Levystone approfondit sa recherche sur l’Eurasie.

L’Eurasie, comprend la totalité des territoires terrestres et insulaires (hors Pacifique), il représente de ce fait l’ensemble territorial le plus vaste du monde s’étendant sur 54 millions de km², rassemblant 4,5 milliards d’habitants, a été pendant des siècles, un espace continental de manœuvres, d’invasions et de conquêtes aux mains des populations nomades qualifiées de barbares par les populations sédentaires environnantes. Cette définition-là, plus large, n’est pas celle qu’adopte la Russie qui classe l’Eurasie en deux catégories. Celle de l’« étranger proche », d’abord, c’est-à-dire les pays ayant appartenu à l’Empire russe puis l’URSS à l’exclusion des trois pays baltes, devenus membres de l’UE. Puis celle de la Grande Eurasie de la Turquie à la Chine, en passant par l’Iran, le Pakistan et l’Inde. Ne figurent toutefois pas dans cette catégorie, ni le Bhoutan, ni le Bangladesh, ni les dix pays formant l’ASEAN, ni Taiwan, les deux Corée et le Japon. Les justifications de cette exclusion ne sont pas claires – en tout cas, l’auteur n’en explique pas la raison.

Même « réduit » à cette dimension, le méta-continent couvre 27 % de la superficie mondiale, représente 43 % de la population mondiale. Le grand géographe Élisée Reclus (1894) a montré que cet immense espace a été, pendant plus d’un millénaire de notre ère, coupé en deux parties qui, sans s’ignorer totalement, communiquaient très peu, de part et d’autre des hautes terres et des déserts de l’Asie centrale bercées sur le rythme des pas du chameau de Bactriane chanté par Alexandre Borodine dans son poème symphonique Dans les Steppes de l’Asie centrale (1880). Le terme « Eurasie » a été popularisé en 1919-1920 par Alfred J. Mackinder dans son article séminal, peut-être le plus célèbre de la géopolitique, où en 1904, dans le cadre du Grand Jeu qui opposait Empire russe et Empire britannique, dont l’Inde était l’épicentre. Il définissait le Heartland comme « pivot géographique de l’histoire », sorte de centre géographique de l’histoire se situant en Asie centrale et dans une zone à cheval entre la Russie et la Sibérie. C’était en réalité prendre compte de l’importance acquise par le Transsibérien et un avertissement lancé aux stratèges britanniques : vous ne pourrez répondre aux défis de l’Empire russe qu’au moyen de la seule force navale.

Les eurasiates russes, émigrés des années 1920 sur lesquels l’auteur s’étend, l’ethnographe Nikolaï Troubetskoï (1890-1938) ainsi que le géographe et économiste Piotr Savitski (1895-1968) ont plutôt désigné l’Eurasie comme l’Empire russe, puis l’URSS, un ensemble unique, le seul qui a su effectuer la synthèse de Byzance (Moscou, troisième Rome), de l’Empire mongol dont il a assumé l’héritage et capté certains traits (autocratie), le seul qui aussi a réalisé l’union de la forêt (d’où seront issues les tribus slaves à partir du VIe siècle de notre ère) et les steppes, dominées durant quatre siècles par les Tataro-Mongols. Ainsi, l’empire russe est devenu, au regard de la profondeur historique, le plus grand après celui des Mongols, et surtout le plus durable, car il s’est étiré en fait sur cinq siècles et non sur deux comme son prédécesseur. S’il a duré aussi longtemps, c’est qu’il disposait d’instruments de pouvoir s’appuyant sur l’autocratie, sur son armée, composée surtout de Cosaques, héritiers de l’art militaire des intrépides et audacieux cavaliers archers, sur une Église orthodoxe, toujours proche et dévouée à la cause impériale. Ainsi les espaces russes sont très largement eurasiatiques et il n’est pas étonnant qu’à deux reprises dans les années 1920 et dans les années 1990, l’idéologie eurasiatique ait resurgi avec force au point d’avoir été largement adoptée, dit-on, par Vladimir Poutine et ses plus proches conseillers.

Cependant, après la vision géographique des pères fondateurs des années 1920, l’historien et ethnologue Lev Goumiliov (1912-1992) oppose une conception ethnique de la nation (sa théorie de l’ethnogenèse prête à chaque ethnie une durée de vie moyenne un peu supérieure à un millénaire). Pour lui la Russie-URSS, est le seul État impérial qui ait réussi à intégrer dans une même nation des composantes démographiques slaves européennes et turco-mongoles, sa société de caractère eurasiate a été la plus durable sur le continent. D’où, pour Goumliov, cette idée que c’est l’Eurasie en tant que fondement de la nature intrinsèquement impériale de la Russie, qui mettra cette dernière en position de contester cet universalisme occidental, tout en lui garantissant un avenir glorieux tant espéré en l’ancrant dans une « communauté de destin » avec les peuples eurasiens. On comprend mieux ainsi l’« amitié sans limites » forgée avec la Chine ou l’alliance politico-militaire avec la Corée du Nord. De manière plus concrète c’est l’éphémère ministre des Affaires étrangères, puis Premier ministre de Boris Elstine, Evegunyi Primokov, qui inventa en 1998, le concept de RIC (Russie, Inde, Chine) qui se transforme en BRIC en 2002 avec l’intégration du Brésil. Toute la politique « eurasiatique » de Moscou qui se développera par étapes par la création de divers organismes de coopération, Communauté économique eurasiatique (EvrAzES), créée en 2000, puis l’OTSC (Organisation du Traité de sécurité collective) fondée sur le Traité de Tachkent du 15 mai 1992 et devenu une alliance militaire en octobre 2002.

Pourtant, en dépit de tous ses efforts, la Russie engagée de plus en plus en Ukraine depuis 2014 (annexion de la Crimée, 18 mars 2014 ; invasion de l’Ukraine, 24 février 2022) n’est pas parvenue à aligner l’Eurasie sur ses objectifs. Certes, aucun pays de la région ne lui applique les sanctions occidentales (qu’ils aident plutôt à détourner), mais l’annexion de la Crimée n’a été reconnue que par les seuls Biélorussie, Afghanistan et Corée du Nord, cette dernière ayant également avalisé l’incorporation des quatre oblasts ukrainiens (Donetsk, Louhansk, Zaporijjia, Kherson). Peut-on en conclure pour autant, comme le fait l’auteur, que la Russie fait cavalier seul en Eurasie ? Elle dépend de plus en plus de la Chine et de l’Inde pour ses exportations d’hydrocarbures, mais elle espère toujours le retour des investisseurs japonais (en Sakhaline) et peut-être un jour plus lointain américains. Si la plupart des pays centre-asiatiques se sont émancipés de la tutelle russe et ont abandonné l’alphabet cyrillique, ils tiennent à préserver un équilibre entre les grandes puissances pour ne pas trop dépendre de la Chine. On peut s’interroger finalement sur la pertinence du constat dressé en 1873 par l’écrivain russe Fiodor Dostoïevski dans Journal d’un écrivain : « En Europe, nous étions des Tatars, alors qu’en Asie, nous sommes des Européens ». Cette belle citation reste-t-elle d’actualité, à l’heure où valeurs, intérêts et approches sont de moins en moins clairs et tranchés ? ♦

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