Après les hécatombes de la Première Guerre mondiale, le choix est fait de sanctuariser la défense du territoire dont l’aboutissement est la construction de la Ligne Maginot. À l’issue du désengagement d’Algérie, apparaît un nouveau concept incohérent : la Défense opérationnelle du territoire (DOT) dans l’hypothèse d’une invasion du territoire national… qui aurait signifié l’échec de notre stratégie de dissuasion !
Histoire militaire - La défense du territoire – 2e partie : 1919 à nos jours
Military History—Defence of the Homeland—2nd Part: 1919 to date
Following the bloodbath of the First World War, high priority was accorded to defence of mainland France, a decision which led to the construction of the Maginot Line. A new and incoherent concept appeared after the withdrawal from Algeria—operational defence of the territory (Défense opérationnelle du territoire—DOT)—posited on an invasion of national territory, which would have meant that our deterrent strategy had failed.
Dans les années qui ont suivi la Victoire, l’interprétation de celle-ci et les enseignements à en tirer ont donné lieu à un débat, animé par deux « écoles » différentes, qui répondaient contradictoirement à la question de fond qui se posait au Conseil supérieur de la Guerre (CSG), le « 4bis » (1) : À quoi devrait servir l’armée française dès lors que l’idée de Revanche contre l’Allemagne n’était plus d’actualité ? Ces deux écoles étaient l’école Foch et l’école Pétain.
Pour Foch, suivi en cela par Guillaumat qui devait commander l’Armée du Rhin, soit la composante manœuvrière de l’armée, la réponse demeurait fort simple : l’armée devait servir à faire la guerre. Cette conception stratégique impliquait une manœuvre, laquelle pouvait fort bien comporter une phase initiale d’abandon temporaire d’une partie du territoire, laquelle serait ensuite récupérée par une contre-offensive visant les forces vives de l’ennemi.
Cette conception se trouvait aux antipodes de celle de Pétain, soutenu par Debeney, qui accédera aux fonctions de chef d’état-major de l’armée, à la mort prématurée du titulaire, Buat, en 1923. Pour eux, compte tenu des hécatombes de la Grande Guerre et du traumatisme qu’elles ont occasionné, il était inconcevable d’abandonner – fût-ce au nom d’une manœuvre – une simple parcelle du territoire qui devait être sanctuarisé par ses armées. Le mot est apparu à cette période. Fidèle à cette logique, Pétain s’affirmait partisan de construire un nouveau système fortifié, en lieu et place du système Séré de Rivière, totalement dépassé.
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