Avec les attaques israélo-américaines sur l’Iran et les ripostes iraniennes, la Corne de l’Afrique (et notamment Djibouti) est aux premières loges de l’embrasement du Moyen-Orient. Plus à l’Ouest, Éthiopie et Érythrée se rapprochent à nouveau d’un affrontement tandis que le Soudan s’enlise dans une guerre civile sous perfusion extérieure. Du Sahel au golfe de Guinée, la menace djihadiste s’installe, profitant de réponses fragmentées.
Afrique - Le continent africain dans la tourmente, de la mer Rouge au golfe de Guinée
Africa—The African Continent in Torment—From the Red Sea to the Gulf of Guinea
With the attacks on Iran by the United States and Israel, and the Iranian retaliation, the Horn of Africa (Djibouti in particular) finds itself on the front line of the turmoil in the Middle East. Further West, Ethiopia and Eritrea are again close to confrontation whilst Sudan is bogged down in an externally-influenced civil war. An increasing Jihadi threat spreading across the Sahel to the Gulf of Guinea is taking advantage of fragmented reaction.
Le Moyen-Orient s’embrase. L’ayatollah Ali Khamenei a été tué dans un bombardement israélien le 28 février 2026. Depuis, des capitales et des infrastructures des monarchies du Golfe sont visées par des frappes iraniennes. Trop d’inconnues demeurent encore pour mesurer l’ampleur de ses conséquences et la durée probable du conflit. Mais une question s’impose déjà : qu’en sera-t-il de la Corne de l’Afrique ? Une fois encore, la région risque de subir les répercussions d’un conflit dont elle n’est ni à l’origine, ni le théâtre.
La Corne de l’Afrique dans l’onde de choc du Moyen-Orient
Longtemps perçue comme une périphérie turbulente, la Corne de l’Afrique s’est progressivement imposée comme un carrefour stratégique où convergent les rivalités des puissances moyen-orientales. Ce corridor maritime, autrefois simple artère commerciale, est devenu un continuum de sécurité où s’expriment les intérêts et les ambitions de Washington, Pékin, Tel Aviv, Téhéran, Riyad, Abou Dhabi ou encore Ankara.
Le 26 décembre 2025, Israël a reconnu officiellement la République du Somaliland (1). Cette décision visait à sortir Benyamin Netanyahou de l’isolement diplomatique post-Gaza et à renforcer son influence sur le continent africain. Au-delà du symbole, elle offre à l’État hébreu une profondeur stratégique face aux Houthis et à l’influence croissante de l’Iran et de la Turquie en direction de l’Afrique. Elle s’inscrit dans l’ambitieux « hexagone d’alliances » présenté par Netanyahou (2) en février 2026 et redessine le rapport de force autour de la mer Rouge. D’un côté, l’axe de Berbera qui s’articule autour d’Israël, des Émirats arabes unis (EAU), de l’Éthiopie et du Somaliland ; de l’autre, l’axe de Mogadiscio structuré autour de la Turquie, de l’Arabie saoudite et de la Somalie.
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