Le Parti communiste chinois (PCC) a engagé son extension à l’étranger autour de la doctrine de « construction partisane » extraterritoriale. L’objectif est de contrôler notamment les Chinois à l’étranger dont les étudiants. Cette organisation doit s’adapter à des contextes variés dont les relations avec les pays d’accueil parfois hostiles à de telles ingérences.
La « construction partisane » extraterritoriale, nouveau défi pour le Parti communiste chinois
Extraterritorial Partisan Construction—a New Challenge for the Chinese Communist Party
The Chinese Communist Party (CCP) is committed to international expansion through the doctrine of extraterritorial partisan construction. The main aim is to keep control over Chinese nationals overseas, students included. The organisation needs to adapt to differing sets of circumstances, including relations with host countries that are sometimes hostile to such outside interference.
L’intérêt porté à l’influence chinoise à l’étranger, et les inquiétudes qu’elle suscite, ont connu une croissance rapide ces dernières années. Différentes études dévoilent un éventail de stratégies extraterritoriales chinoises, allant du soft power traditionnel à l’exportation de pratiques de surveillance et de police, en passant par des formes d’ingérence dans le fonctionnement des institutions démocratiques (1). Ces travaux nous amènent à deux questions fondamentales : d’abord, sur la manière d’analyser l’efficacité de ces pratiques, car il y a souvent un monde entre les objectifs de l’État-parti chinois et ce qu’il parvient à réaliser hors des frontières nationales ; ensuite, sur les spécificités de ces pratiques d’influence chinoise, en lien avec l’histoire et les institutions du pays, et dans le cadre de discussions plus générales sur l’autoritarisme transnational (2). Pour contribuer à démêler la question de la spécificité des pratiques d’influence chinoises et de rendre compte des difficultés rencontrées par les acteurs politiques chinois, cet article se concentre sur un aspect qui touche à la nature même du régime d’État-parti chinois : l’exportation, au-delà des frontières nationales, de l’organisation du Parti communiste chinois (PCC).
L’expansion du Parti sous Xi Jinping
La presse internationale révélait il y a quelques années la présence de cellules du PCC à l’étranger, en lien direct avec la hiérarchie partisane en Chine (3). Si la surveillance et l’administration des citoyens chinois expatriés se font principalement par l’intermédiaire des ambassades et des consulats, le nombre croissant de membres du Parti établis hors de Chine depuis les années 2000 – en particulier des cadres de l’État-parti, des employés d’entreprises ou des étudiants – confère un rôle accru à l’organisation partisane. Dès 2004, une réglementation sur le fonctionnement du PCC dans les entreprises d’État stipulait que si elles disposaient de succursales à l’étranger, elles devaient y établir des structures partisanes adaptées à l’environnement local et à la situation concrète de l’entreprise, tout en assurant la sécurité et la confidentialité de cette activité partisane.
C’est toutefois sous la direction du secrétaire général Xi Jinping, que le PCC est devenu plus actif sur ce front de « la construction partisane » (党建), c’est-à-dire son développement organisationnel, à l’étranger. En 2016, à la suite d’une conférence nationale consacrée aux entreprises d’État, une nouvelle vague d’initiatives de « renforcement du Parti à l’étranger » a vu le jour.
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