L’Intelligence artificielle (IA) avec ses Data Center nécessite de la puissance de calcul et donc beaucoup d’énergie électrique d’où une stratégie d’aménagement à l’échelle nationale lancée en 2020 pour mettre en synergie les sites de production énergétique et les infrastructures de calcul. Ces solutions chinoises sont présentées à l’exportation et créent de fait des dépendances pour les partenaires.
Maîtriser l’énergie pour dominer l’IA : la stratégie chinoise de « synergie calcul-électricité »
Controlling Energy to Dominate AI: the Chinese Strategy of Synergy Between Processing Power and Energy
Artificial intelligence (AI) and its associated data centres demand vast amounts of processing power and electricity. Because of this, a nationwide strategy was launched in 2020, aimed at developing energy production facilities in line with data processing infrastructure. Such Chinese solutions are available for export, thus creating dependence for trading partners.
La limite de l’intelligence artificielle [IA] est la puissance de calcul, et la puissance de calcul est contrainte par l’électricité » (1), ce mot d’ordre largement diffusé sur l’Internet chinois met en lumière l’attention croissante portée sur les questions énergétiques dans le pays, dans un contexte d’effervescence de l’industrie de l’IA. Cette conviction est largement partagée de l’autre côté du Pacifique. Lors du Forum économique mondial de Davos en 2024, Sam Altman, le PDG d’OpenAI, soulignait ainsi que « les deux monnaies du futur seront le calcul et l’énergie » (2).
Dans ce contexte, la Chine, deuxième puissance mondiale en matière de capacité de calcul derrière les États-Unis, a rapidement intégré la dimension énergétique comme un enjeu majeur de la compétition technologique. Depuis 2020, l’État-parti déploie une stratégie d’aménagement à l’échelle nationale visant à rapprocher les infrastructures de calcul des zones de production énergétique, en particulier renouvelable, afin d’anticiper les besoins colossaux induits par la diffusion des modèles d’IA dans l’ensemble de l’économie et, au-delà, dans les domaines régaliens.
Confrontée à ses vulnérabilités dans le domaine des semi-conducteurs de pointe (3), la Chine cherche à compenser par l’innovation sur le front de l’optimisation de la puissance de calcul, dont la dimension énergétique devient un axe central. L’enjeu est d’ordre infrastructurel : maîtriser l’articulation entre calcul et électricité pour soutenir durablement l’essor de l’IA.
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