La Chine a réalisé de grands progrès dans le domaine du combat aérien collaboratif avec l’extension de l’usage des drones et de l’Intelligence artificielle. De nombreuses questions demeurent dont l’autonomie décisionnelle générée par l’IA et le besoin politique de maintenir le contrôle absolu de l’armée par le Parti communiste chinois (PCC). C’est un enjeu majeur en cours de développement.
Les conceptions chinoises du combat aérien collaboratif : entre innovation militaire et contrôle politique
Chinese Perceptions of Collaborative Air Combat: Military Innovation and Political Control
China has made enormous progress in the field of collaborative air combat, with greater use of drones and AI. The degree of decisional autonomy generated by AI remains to be reconciled with the political need for the Chinese Communist Party (CCP) to retain absolute control of the armed forces. It is a major challenge to come.
Le 11 novembre 2025, la télévision chinoise, via CCTV-7, a diffusé pour la première fois des images du drone furtif GJ-11 évoluant en formation avec des appareils J-20 et J-16D. Présentées comme une démonstration mature de combat aérien collaboratif entre aéronefs pilotés et systèmes non habités, ces séquences relancent la question de l’intégration de ces concepts au sein de l’Armée populaire de libération (APL). Il importe toutefois de distinguer ce qui relève de l’acquis et de l’expérimentation, tout en considérant ces évolutions comme un observatoire des dynamiques qui structurent l’avancée de l’intégration de l’Intelligence artificielle (IA) dans les systèmes d’armes chinois.
À partir d’un corpus de publications militaires (presse d’État, travaux académiques, textes doctrinaux), cet article montre que si le concept de combat aérien collaboratif occupe une place grandissante dans les réflexions militaires chinoises, sa traduction capacitaire demeure à ce stade expérimentale et apparaît comme une étape de transition vers une guerre de plus en plus « intelligentisée » (智能化战争).
Fondements historiques et conceptuels
La réflexion chinoise sur la coopération homme–machine ne constitue pas un simple emprunt aux programmes occidentaux de type loyal wingman, mais s’inscrit dans des débats plus anciens. Dès 1981, le scientifique Qian Xuesen (钱学森) formulait la théorie de l’« ingénierie des systèmes homme-machine-environnement » (MMESE, 人 – 机 – 环境系统工程), qui conçoit ces trois éléments comme les composantes d’un même système intégré. Dans ce cadre, la machine demeure subordonnée à l’humain, qui conserve la responsabilité de la décision (1).
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