La Chine cherche à accroître ses ressources en minerais « critiques » qui seraient enfouis sous les eaux du Pacifique. S’appuyant sur une flotte de navires de recherche nombreux, Pékin s’efforce de se concilier les micro-États insulaires souvent démunis pour contrecarrer les ambitions chinoises, tout en jouant le temps long pour éviter toute friction allant à l’encontre de ses projets d’exploitation future.
Explorations sous-marines chinoises dans le Pacifique
Chinese Underwater Exploration in the Pacific
China is seeking to increase its resources of critical minerals buried below the waters of the Pacific. Beijing is relying upon its large fleet of research vessels to convince the island micro-states unable to counter Chinese ambitions, whilst remaining patient in order to avoid any friction which might risk impeding its projects for future exploitation.
Âges de la pierre », « du bronze » puis « du fer », auxquels s’est ajouté « l’âge du charbon » : la maîtrise des ressources et techniques liées aux métaux de base (comme le cuivre), d’alliage (bronze, fer) ou précieux (or, platine) demeure l’un des meilleurs marqueurs de domination « géo politique ». Souvent dévoyé, ce terme se justifie aujourd’hui. En effet, les enjeux contemporains ont de nouveau trait à la géographie physique et en l’espèce aux minerais dits « critiques ». Il s’agit plus précisément des 17 terres qualifiées de « rares » auxquelles sont adjoints d’autres métaux comme le cobalt, le galium, le lithium, le nickel, le platine et le vanadium. Tous font l’objet d’une quête, voire d’une ruée, ce qui explique les manœuvres diplomatiques déjà à l’œuvre en Afrique, en Asie, en Amérique latine ainsi qu’en Océanie. L’immense théâtre du Pacifique, des chancelleries jusque dans les profondeurs, offre une intéressante étude de cas puisque la Chine s’y positionne à force de coques blanches et de navires scientifiques (1).
Faut-il s’en inquiéter, que ce soit à cause des pratiques financières et industrielles à court terme ou du fait des hypothétiques usages à long terme ? Pour tenter de le savoir, il convient d’éclairer l’attitude que semble y adopter Pékin. Risque-t-on d’assister, sans attendre, aux mêmes types de prédations qu’en mer de Chine du Sud autour des ressources halieutiques ? Ou le flou déjà constaté autour des accords de police entre la Chine et plusieurs États du Pacifique, comme les Îles Salomon et Kiribati, va-t-il s’étendre à propos des accords miniers présents ou à venir ? À moins que, troisième option, la Chine ne décide d’opérer différemment, à plus long terme ?
Cette dernière hypothèse sera celle retenue puisque si la Chine apparaît aujourd’hui parfaitement en ordre de marche pour plonger au cœur des problématiques minières du Pacifique, elle ne fait pas moins face à de non-négligeables et inattendues contraintes.
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