Asie - Réactions asiatiques après l'agression terroriste aux États-Unis et leur riposte
À l’annonce des attentats du 11 septembre à New York et Washington tous les pays asiatiques, dont plusieurs centaines de nationaux figurent parmi les victimes, ont immédiatement condamné ce carnage. L’émotion passée, le soutien de chaque capitale au principe d’une action internationale dirigée par les États-Unis pour tenter d’éradiquer le terrorisme international a été fonction de nombreux facteurs qui parfois se recoupent. Parmi ceux-ci, les plus importants sont la nature des relations bilatérales avec Washington, la présence d’une communauté musulmane, majoritaire ou minoritaire, ainsi que l’existence d’une menace islamiste dans le pays. Certains gouvernements ont cherché à profiter de la situation pour redéfinir leurs relations avec les États-Unis ou justifier leur politique intérieure. Après le début des frappes en Afghanistan, dans les pays les plus sensibles (Pakistan, Indonésie…), grâce à la fermeté des gouvernements concernés, la mobilisation islamiste semble jusqu’à maintenant relativement faible.
Asie du Sud
Après l’effondrement de l’URSS, le Pakistan avait pour les États-Unis perdu de sa valeur stratégique. Depuis 1992, toute coopération militaire avait été suspendue en application d’un texte du congrès américain visant les pays soupçonnés de se doter d’un armement nucléaire. En 1998, sourd aux pressions américaines, Islamabad avait répondu aux essais nucléaires indiens, par un nombre identique de tirs. Le soutien au régime des taliban et la tolérance de la présence de terroristes de la mouvance de d’Oussama Ben Laden dans la zone pachtoune étaient mal vécus par Washington.
L’engagement de troupes pakistanaises, au printemps 1999, aux côtés des Cachemiris du côté indien de la ligne de contrôle, avait provoqué un diktat américain exigeant le retrait pakistanais. Ces événements ont eu pour conséquence le renversement du Premier ministre Nawaz Sharif par l’armée et le retour de celle-ci à la direction du pays sous la houlette du général Perwez Musharraf (1). Au contraire, l’Inde qui avait montré beaucoup de retenue dans les incidents armés de mai à juillet 1999, et qui s’était lancée dans une politique d’ouverture économique, ouvrant l’appétit des hommes d’affaires américains, et libérée d’une diplomatie liée à la stratégie soviétique, est devenue plus que fréquentable. En mars 2000, Bill Clinton y avait fait un voyage triomphal de cinq jours, alors qu’il n’avait fait qu’une courte escale à Islamabad. Le Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee avait rapidement rendu cette visite.
Il reste 83 % de l'article à lire
Plan de l'article






