La communication, dont les armées et la Défense ont été les précurseurs au sein de l'État, a profondément évolué dans le contexte de la professionnalisation et de la réforme de la défense décidée en 1996. Instrument indispensable de la « consolidation de la professionnalisation », la communication de défense vise à établir avec les citoyens un rapport permanent d'échanges et de connaissances qui doit nourrir « l'esprit de défense » tout en contribuant à la réalisation des missions de l'institution. Avec la réforme des lois de finances, les actions de communication s'appuieront également sur la mesure de la performance, tout en faisant elles-mêmes l'objet d'une évaluation continue.
Communiquer la défense
La création en 1969 du « service d’information et de relations publiques des armées » (Sirpa) a marqué une étape essentielle de la communication des institutions publiques dans la mesure où ce service en a été le précurseur. Pour la première fois, la puissance publique prenait en compte la nécessité d’informer l’opinion sur les grandes questions de défense, et se souciait notamment de la compréhension, par les Français, de l’utilité du service militaire et de la pertinence de la politique de dissuasion nucléaire. Près de trente ans plus tard, la « délégation à l’information et à la communication de la défense » (Dicod) s’inscrivait dans la continuité de l’action d’information et de communication conduite depuis le début des années 70, tout en en adaptant les conditions d’exercice aux missions des armées, à la réforme d’ensemble de la défense, ainsi qu’aux transformations profondes résultant du développement des médias et de l’avènement des technologies de l’information et de la communication (TIC).
Il n’est donc pas paradoxal, pour le ministère de la Défense, que l’une des principales missions de l’État — l’une de celles qui sont au cœur de « l’État régalien », peut-être celle qui a historiquement été à l’origine de l’État moderne : assurer la défense et la protection contre l’adversaire extérieur — doive faire l’objet d’une action de communication particulière, organisée et continue. Bien plus, alors que l’État, engagé d’un côté dans un profond mouvement de décentralisation et de l’autre dans une redéfinition de ses missions en relation avec les développements de l’Union européenne, se centre notamment sur ses missions régaliennes (1) — les relations extérieures et la défense, la sécurité intérieure et la justice, ces trois dernières fonctions ayant fait l’objet en 2002 de lois de programmation à caractère pluriannuel — il était nécessaire, avec la suspension du service militaire, de renouer la relation des Français avec leur défense et de faire de la communication un instrument de cette relation.
Au surplus, la mise en place des nouveaux instruments de gestion publique, dont la loi organique sur les lois de finances (LOLF) marque l’avènement, ouvre la voie à une approche renouvelée de la communication des institutions de l’État, fondée sur l’identification de leurs objectifs, le suivi des indicateurs de résultats et l’évaluation de ceux-ci ; en d’autres termes, la mesure de la performance. Dans ce contexte, la communication de défense revêt une signification nouvelle, dans la mesure où, loin de constituer une démarche dont le caractère publicitaire prédominerait, elle entend constituer, parmi d’autres, un des leviers d’efficacité et de performance de l’institution. Les conditions de la « bonne gouvernance » lui imposent d’y démontrer : équité, selon les termes de la règle de droit ; efficacité selon les objectifs de performance retenus au moment de l’attribution, par le Parlement, des ressources destinées à ses missions ; et compétitivité au regard des résultats obtenus par nos principaux partenaires, en particulier de l’Union, dans les missions équivalentes.
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