Dans le domaine de l'espace européen de défense, l'Europe et plus particulièrement la France en tant que puissance spatiale, sont à la croisée des chemins. Le modèle le plus souvent en vigueur de juxtaposition d'efforts nationaux en matière de programmes et de financements atteint ses limites et reste imparfait, et ce malgré des réalisations de partage de services et de données entre États, à l'initiative de la France. La place de l'espace comme contributeur essentiel de toute stratégie de défense nécessite que chaque État membre de l'Europe accepte une forme d'interdépendance européenne pour une meilleure efficacité économique globale. Cette évolution est tout à fait possible, elle est nécessaire et urgente.
Construisons l'Espace européen de défense
Il y a plus de vingt ans, la France s’est positionnée comme puissance spatiale grâce à plusieurs choix stratégiques. Ce fut à l’origine la constitution d’une force de frappe française reposant sur l’ensemble de la filière nucléaire qui a, par la suite, permis le développement et la production de lanceurs assurant à la France et à l’Europe un accès autonome à l’espace. Ce fut ensuite la décision de développer deux grands systèmes opérationnels dans le domaine de l’observation optique (Hélios) et des télécommunications (Syracuse).
Désireuse de disposer de capacités lui conférant, en cohérence avec ses choix stratégiques, une autonomie d’appréciation des crises et des situations, une autonomie de décision ainsi qu’une autonomie d’action, où que ce soit dans le monde, la France avait compris tout l’intérêt de l’apport du spatial pour atteindre cet objectif.
Cette période a été caractérisée par des fondamentaux qui sont restés invariants :
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