S'agissant des investissements spatiaux à des fins de défense, la France se trouve aujourd'hui face à un réel dilemme : doit-elle privilégier toute opportunité de coopération européenne au risque, comme l'histoire l'a déjà montré, de se retrouver finalement seule par manque de consensus ? Doit-elle poursuivre ses investissements nationaux en R&D, en démonstrateurs et en programmes sur des capacités spatiales jugées capitales pour garantir un niveau de souveraineté nationale acceptable ? Cet article apporte un éclairage basé sur des expériences vécues et ouvre des pistes optimistes pour l'avenir européen.
Voir, comprendre, agir ensemble
Les budgets européens spatiaux de sécurité et de défense (estimations en M€ - hors BCRD)
L’Europe n’a certainement pas à rougir du résultat de ses investissements spatiaux de sécurité et de défense. Il semble même qu’en Europe il va bientôt y avoir pléthore de moyens : moyens de télécommunications spatiales (Syracuse, Skynet, Sicral, Spainsat, Satcom BW), de moyens d’observation (Spot, Hélios, Pléiades, Sar Lupe, Cosmo-Skymed), sans compter la météorologie (Météosat), l’océanographie (Topex-Poséidon ou Jason) ou l’écoute (Euracom, Cerise, Clémentine, Essaim).
Doit-on se réjouir de cette situation qui contraste avec la période où la France s’est souvent sentie seule à investir dans l’espace de défense ? Doit-on regretter un panorama davantage multinational qu’européen ? Après plusieurs années où la Défense française a réduit ses investissements spatiaux de défense, n’a-t-on pas laissé se développer des ambitions chez nos voisins ? Comment, aujourd’hui, préserver notre autonomie stratégique dans ce domaine envié ?
Dans un premier temps, nous nous proposons d’analyser ce qui a motivé la naissance de chacun de ces projets nationaux. Nous pourrons constater que ces investissements ont été décidés dans des contextes particuliers, sur la base d’analyses propres à chaque État. Nous verrons ensuite que, depuis plus de dix ans, l’Europe tente de se construire sur l’espace et nous apporterons un éclairage personnel sur ces échecs afin de mieux construire l’avenir. Enfin, nous nous poserons la question de savoir quelle attitude la France doit avoir dans l’attente d’un relais européen. Faut-il poursuivre nos investissements (voire les intensifier) pour préserver notre autonomie stratégique, ou peut-on attendre sereinement que l’Europe assume ses responsabilités en la matière ?
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