Devant une vague « choquante » d'antiaméricanisme dans le monde, les autorités de Washington proposent un renforcement des moyens d'influences extérieures que sont les médias et les relations publiques à échelle mondiale, pilotées par le Département d'État. Cette « diplomatie publique » a rehaussé le prestige des États-Unis face à l'URSS pendant la guerre froide. Les décideurs américains voudraient recommencer dans le monde arabe et musulman ; mais ils risquent de favoriser une campagne de propagande contre-productive.
Stratégie d'influence américaine
La « diplomatie publique » (1) est une expression courante dans la recherche et la diplomatie américaine depuis les années 60, peu connue en France. Brièvement, il s’agit de l’action d’influence et de communication à l’étranger, auprès des médias et des élites, que mène le Département d’État.
Depuis trois ans, il ne se passe pas un mois à Washington sans que l’expression ne fasse l’objet d’un colloque, un débat, un rapport institutionnel, un discours, un commentaire liminaire d’un responsable politique.
Aujourd’hui, face à la vague d’antiaméricanisme mondiale, la diplomatie publique devient une priorité de la politique étrangère de George Bush. Les instituts de recherche (think-tanks), et le Congrès, s’activent à revigorer la diplomatie publique, comme complément à l’action diplomatique pure et aussi à l’action militaire. Le résultat est une multiplicité de propositions pratiques, mais un manque de réflexion de fond sur le choix de politique étrangère que l’on défendrait au moyen de cette diplomatie publique rénovée.
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