Paris et Londres ont progressivement rapproché leurs points de vue sur l'Europe de la défense, ses compétences nécessaires et ses limites. La conception des relations avec les États-Unis et la répartition des rôles avec l'Otan en ont bénéficié. Les évolutions des deux partenaires sont notables. Le dialogue bilatéral résiste aux aléas de la vie internationale.
Le couple franco-britannique et l'Europe de la défense
Depuis Saint-Malo, l’Union européenne a été marquée par onze présidences, dont celle de la France, par l’épreuve de plusieurs crises et guerres, en Europe comme hors du continent, et par le bouleversement de l’Otan. Pendant ce temps, l’Europe de la défense trouvait progressivement son assise en bénéficiant d’une forte impulsion anglo-française qui, en se continuant dans la durée, a indiscutablement acquis un caractère fondateur. Les six ans écoulés depuis le Sommet breton sont suffisants pour tenter un premier bilan qui conduira à distinguer les lignes de force de la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD). Il permettra aussi d’anticiper la présidence britannique du Conseil européen au deuxième semestre de 2005.
Le revirement de Londres
La position affichée par Londres lors de ce Sommet a surpris. Malgré l’évidence de la réussite, les supputations persistent sur ses motivations.
À la recherche d’explications
La réunion bilatérale du 4 décembre 1998 a surtout marqué les esprits par la nouvelle position que les Britanniques y ont dévoilée sur l’Europe de la défense. Le caractère radical de leur changement de pied a renforcé le besoin d’explications. Cette soif est d’autant plus vive que le revirement n’avait pas été précédé des précurseurs et clignotants habituellement utilisés sur la scène politico-militaire européenne pour annoncer et expliquer les décisions. S’il ne faut pas négliger l’apport conceptuel du discours de Tony Blair devant l’Assemblée nationale, le 24 mars 1998, d’où l’on peut extraire : « Les temps sont venus de prendre une initiative dans le domaine militaire… Forts en Europe, forts avec les États-Unis, tel devrait être notre but… Avoir une vision politique de l’Europe est plus nécessaire que jamais », les quelques articles publiés au cours de l’été et de l’automne 1998 n’étaient pas à la mesure d’un tel saut politique.
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