La multiplication et l'extension géographique des interventions de l'Otan, et notamment un possible rôle en Irak, ainsi que le développement de lourds programmes capacitaires amènent à réfléchir au financement des activités et des équipements de l'Alliance. Les déficiences du processus de génération de forces et l'asphyxie budgétaire constituent deux maux dont souffre l'Organisation. Sans solution, la paralysie la guette. Après avoir tenté de démontrer dans cette revue comment l'instrument budgétaire pouvait être un facteur d'influence de la France au sein de l'Otan (cf. numéro de février 2004), l'auteur se propose d'esquisser la stratégie budgétaire que l'Alliance devrait adopter pour sortir d'une impasse prévisible tout en conciliant les intérêts de ses membres et en respectant la position particulière de la France.
France-Otan : quelle stratégie budgétaire ?
La crise irakienne pourrait, comme le demande un certain nombre de nations, amener l’Otan à s’impliquer dans la zone. À ce stade, compte tenu des divergences entre ses membres, la nature et le contenu du rôle de l’Organisation devraient être mineur. Pour autant, cette nouvelle intervention, après les Balkans et, récemment, l’Afghanistan, appellera à résoudre les principales problématiques budgétaires auxquelles est confrontée l’Otan.
L’efficacité des règles budgétaires en vigueur s’essouffle, menaçant l’Alliance d’asphyxie. Pourtant, quelques idées innovantes pourraient permettre de sortir de l’impasse. Notamment, la possibilité de rembourser aux nations-cadres les moyens d’usage collectif qu’elles mettent à la disposition des autres nations dans les théâtres d’opérations ; de même pour le réajustement des contributions budgétaires en sorte d’obtenir des barèmes objectifs et équitables. Ces idées mériteraient d’autant plus d’être examinées qu’elles ne conduiraient pas la France à se départir de sa position.
De nouveaux moyens pour un nouvel environnement
Les Balkans, puis l’implication en Afghanistan, démontrent l’extension du champ d’intervention traditionnel de l’Alliance : de la zone Euro-Atlantique à l’out of aera. Le passage d’une menace classique de nature inter-étatique vers une menace non-identifiée et transverse, représentée tragiquement par le terrorisme, métamorphose les modes et les schémas d’actions.
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