Le monde, de plus en plus complexe du fait de la mondialisation de l'économie et son cortège d'interdépendances, impose une approche globale et une gestion « proactive » des risques, très éloignée de son origine dans l'achat de couvertures financières sous forme de contrats d'assurances. La sécurité de tous dépend de la vigilance de chacun, tellement même qu'aucune organisation ne peut échapper à la nécessité de gérer ses risques. Cet article s'adresse donc à tous les responsables : élus locaux, PDG de sociétés, directeur d'hôpitaux et sans doute même membres du gouvernement ! Cet article reprend des éléments d’une étude de l’auteur publiée dans le Guide de la sécurité et de la gestion des risques (Afnor 2004).
Gestion des risques ou gestion stratégique ?
Le cercle vertueux de la gestion des risques
Des événements spectaculaires ont marqué les deux dernières décennies du XXe siècle, alimentant la « peur de l’an 2000 » : catastrophes de Tchernobyl, de Bhopal, de l’Exxon Valdez, l’effondrement de la Barings pour n’en citer que quelques-uns. Les médias ont saisi l’occasion pour fustiger les méfaits de la globalisation, les fragilités du système socio-économique mondial. Il est vrai que les relations entre les divers acteurs de ce système deviennent de plus en plus complexes, leur interdépendance croissante. Cette situation invite à approcher la situation à l’aide de la théorie du chaos.
Le dernier millénaire s’est achevé sur la campagne de prévention du bug de l’an 2000. Or, il ne s’est rien passé de grave le 1er janvier 2000 à zéro heure, et certains de conclure, un peu vite, que le risque n’avait été en fait qu’une invention de consultants en mal d’honoraires. En réalité, les professionnels du risque y ont vu une illustration d’un paradoxe du métier : la catastrophe annoncée a été évitée, et le succès même de la gestion de ce risque emporte sa disparition, jusque de la mémoire des acteurs !
En effet, réel ou imaginaire, le bug a entraîné des investissements considérables en recherche et développement et en matériel informatique consentis pour gérer préventivement la situation, ils ont eu des retombées majeures : soutien du développement de l’économie mondiale qui a connu une croissance sans précédent ; mise à jour de systèmes informatiques vieillissants, désormais beaucoup plus performants.
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