L’examen du marché de l’armement national et européen conduit le contrôleur général des armées Jacques Bonnet à faire quelques recommandations pour rendre plus efficace notre politique d’achat, au service de notre politique étrangère et de notre compétitivité globale. Cela suppose une mise en cohérence des actions et des acteurs, après avoir défini les objectifs correspondants à nos intérêts.
Le marché de l'armement européen
L’émergence d’une volonté de défense commune européenne, et le développement de l’économie française et de notre politique étrangère dans un cadre européen ont conduit à tenir compte chaque jour davantage de cet environnement pour la politique d’armement.
Des résultats significatifs ont été atteints, avec une accélération notable ces dernières années. Pour se limiter aux plus marquants, on peut mentionner les mouvements de concentration transnationaux industriels, la création de l’Organisme conjoint de coopération en matière d’armement (Occar), les travaux d’harmonisation de la demande et de sa satisfaction menés au sein de la Letter of Intent (LoI), ou, plus récemment, la création de l’Agence européenne de défense (AED) dont l’un des objectifs majeurs est la mise en évidence d’un « besoin capacitaire » commun.
On peut cependant craindre que ce mouvement soit encore insuffisamment rapide pour nous permettre de faire face efficacement à la concurrence d’une industrie américaine toute-puissante. De surcroît, il est porteur de déséquilibres, parce qu’il prend en compte de façon inégale les différentes composantes de ce qu’est le marché des équipements de défense, et les objectifs qu’il doit poursuivre.
Il reste 93 % de l'article à lire
Plan de l'article






