Maigres résultats au Sommet du 60e anniversaire des Nations unies qui ne sera pas celui de la réforme que certains appelaient de leurs voeux : pas d’élargissement du Conseil de sécurité, ni de réels changements de pouvoirs ; plutôt que de droit d’ingérence on évoque le devoir de protéger.
60e anniversaire des Nations unies : le Sommet de la réforme ?
60e anniversaire des Nations unies : le Sommet de la réforme ? La réponse est évidemment non ! Le Sommet des chefs d’État, réuni à New York en septembre 2005, soit le troisième en dix ans (1995 : 50e anniversaire ; 2000 : Sommet du Millénaire ; 2005 : 60e anniversaire) ne marquera pas la révision attendue (et d’ailleurs pas toujours nécessaire) de la Charte de l’Organisation.
Le mouvement de réforme amorcé depuis des années sera certes confirmé, des engagements seront poursuivis, mais les mesures spectaculaires, en particulier la refonte de la composition du Conseil de sécurité et le réaménagement de ses pouvoirs, ne dateront pas de ce Sommet. Une fois de plus, face aux arguments combien pressants des pays candidats à des sièges supplémentaires de membres permanents, face aux partisans de doctrines nouvelles, telle que la consécration d’un « droit d’ingérence » dans les affaires intérieures des pays, d’autres réalités, terriblement solides, tenant toutes aux intérêts des États tels que ceux-ci les perçoivent, auront prévalu.
L’entreprise dépassait cependant de très loin le cas, pour important qu’il fût, du Conseil de sécurité. Les réflexions menées depuis près de deux ans portaient tant sur les institutions de l’ONU, dont certains envisageaient suppression ou évolution, que sur les principes de base de l’organisation ou ses programmes majeurs d’activités. Sur ces chapitres également, le bilan sera mitigé : quelques réglages ont lieu dans le domaine du maintien de la paix ou de la protection des droits de l’homme ; mais les politiques essentielles, en matière de développement, resteront ensablées. On se consolera cependant en notant qu’à ce jour, le socle de la Charte — le principe cardinal de la sécurité collective qui suppose, pour utiliser la force, délibération et action collective, et qui exclut, hors le cas de la légitime défense, la réaction unilatérale — reste épargné et donc consolidé.
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