Le concept de défense nationale réclame aujourd’hui d’être rénové : le concept de sécurité globale s’affirme de plus en plus comme un cadre de réflexion plus approprié pour penser la puissance et la défense de la nation dans un monde profondément instable, incertain et confronté à des menaces protéiformes. Cette idée de sécurité globale impose néanmoins de construire une doctrine élaborée, une stratégie résolue et un dispositif cohérent de sécurité économique. Ceux-ci reposent à leur tour sur un effort vigoureux en direction des entreprises, afin de les sensibiliser à l’importance de leur sécurité physique et informationnelle.
De la sécurité globale à la sécurité des entreprises
From overall security to the security of businesses
The concept of national defence today needs to be reworked: increasingly, when considering power and the defence of the nation in a profoundly unstable and uncertain world where we are confronted with multifaceted threats, the concept of overall security appears more appropriate. That said, such a concept necessarily involves the establishment of a solid doctrine, a firm strategy and a coherent system of economic security. All of these in turn require vigorous efforts to persuade businesses of the importance of their physical and IT security.
Le visage du danger a changé… Tout au long de la guerre froide, on discernait facilement ses traits. Il s’incarnait dans un homme et un système : le Premier secrétaire du Parti communiste de l’Union soviétique et le totalitarisme collectiviste. Le monde libre craignait l’Armée rouge et la guerre nucléaire… Néanmoins, le monde était simple. C’était encore la guerre militaire, l’ombre de la dévastation ultime, qui effrayait les hommes. La destruction potentielle avait changé d’échelle, puisque l’espèce humaine se voyait menacée d’extinction, mais c’était encore la mort, de soi et des siens, que l’on redoutait en premier lieu. Ce que changea la bombe atomique, ce fut précisément le désir d’empêcher la grande confrontation : la conscience de l’absurdité de la situation dans laquelle se trouvaient les nations développées mobilisa les gouvernements et les peuples en faveur du refus des escalades conflictuelles. D’où la relative discipline dans chacun des deux camps, et la résolution des deux grands à tenir leurs « troupes ».
Depuis l’effondrement du modèle communiste, la grande peur a fait place aux peurs diffuses, à la crainte « plurielle »… Nous sentons monter les périls, se multiplier les menaces, grandir les risques. La fin de la bipolarité et la complexification conséquente de la scène internationale ont multiplié les menaces d’un point de vue géopolitique. La prolifération des zones de troubles et de conflits dérive directement de cette fragmentation idéologico-politique. L’explication du développement du terrorisme doit également se référer à ces mouvements « tectoniques » idéologiques : elle n’en épuise cependant pas les racines profondes.
Puissance économique
La rivalité commerciale entre les nations du globe s’est intensifiée, même et surtout entre les pays démocratiques alliés contre le communisme. En fait, les victoires contemporaines s’arrachent aujourd’hui dans le théâtre des opérations économiques ; et la compréhension de cette dimension de la lutte pour la puissance est d’ailleurs indispensable pour appréhender la logique radicale du terrorisme. L’exclusion de prospérité fournit bien évidemment un terreau de choix pour tous les maximalismes (politiques, idéologiques, religieux) de la terreur : seul change le nom de la cause que l’on invoque au moment d’exterminer son semblable… La mort de l’espérance collectiviste a en effet laissé la place à d’autres formes d’attentes, à d’autres manières d’imaginer le grand soir et les lendemains qui chantent. Pour certains, le paradis a fait marche arrière : c’était une erreur de le croire possible sur la Terre ; le ciel restera son unique écrin. Ce n’est plus au nom de la classe ouvrière, mais au nom de Dieu que l’on fait couler le sang… En tout état de cause, les abysses de développement économique et social qui séparent les nations produisent essentiellement de la brutalité, et la révolte violente contre le malheur construit toujours des systèmes intellectuels cuirassés et intolérants.
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