Près de quinze ans après son indépendance, l’Asie centrale demeure une terra incognita pour la France, alors que les États-Unis, l’Allemagne, la Russie ou la Chine y développent des partenariats politiques et militaires. Elle peut renverser cette tendance en concluant un certain nombre de contrats industriels et militaires. Alternative crédible à des voisins de plus en plus encombrants, la France doit rattraper son retard en s’investissant politiquement au plus haut niveau.
Vers un nouveau partenariat entre la France et l'Asie centrale
Towards a new partnership between France and Central Asia
Nearly fifteen years after independence, Central Asia remains terra incognita for France, whilst the United States, Germany, Russia and China are developing political and military partners there. France can reverse this tendency by winning industrial and military contracts. As a credible alternative to increasingly troublesome neighbours France should make up lost ground through political investment at the highest level.
Si les États d’Asie centrale ont le plus souvent échappé aux troubles intérieurs affectant particulièrement d’autres républiques de l’ancienne Union soviétique, les menaces latentes de déstabilisation existent — à l’instar de la « révolution kirghize » de mars 2005 qui provoqua la démission du président Akaev — et conduisent la France à adopter une attitude de prudence, voire de retrait contrairement aux États-Unis, à la Chine ou encore la Russie. Cette dernière considère le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan et le Turkménistan comme son pré carré et entend maintenir sa présence tout en limitant l’influence des États-Unis, qui y voient un élément clé pour contrer le développement du fondamentalisme des pays alentour et un terrain essentiel pour leur assurer le contrôle des ressources pétrolières de la zone.
Quant à la Chine, sa croissance fulgurante s’accompagnant de besoins énergétiques considérables la poussent à mener une politique volontariste dans cette région, contrairement à la Turquie et à l’Iran qui considèrent cette aire comme une zone d’influence historique, linguistique et culturelle. Les préjugés français tendent à oublier la tradition asiatique de continuité historique articulée autour d’un pouvoir présidentiel fort et d’un appareil politique évoluant peu, certes obstacles à des réformes radicales mais garants d’une certaine stabilité intérieure. A contrario, de forts clivages perdurent entre ces cinq États, héritiers de frontières largement artificielles fixées par Staline, qui ont cependant développé des nationalismes d’État reflétant en partie les rivalités intuitu personae.
Deux pays émergent par leur poids : le Kazakhstan, qui démontre une volonté de puissance économique se traduisant par des investissements chez ses voisins ; et l’Ouzbékistan faisant montre d’une fierté nationaliste s’appuyant sur la plus forte population de la zone et un passé économique développé.
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