La coopération militaire franco-allemande ayant toujours répondu à une logique politique, il est normal de se demander si les événements récents — élections en Allemagne et rejet français de la Constitution européenne — vont avoir un impact sur les relations de sécurité entre les deux pays. Si l’on peut craindre un ralentissement de la coopération dû en particulier aux échéances électorales, les liens franco-allemands sont suffisamment forts pour ne pas être facilement remis en cause par les aléas de la vie politique.
L'impact du politique sur la coopération militaire franco-allemande
The impact of politics on Franco-German military cooperation
Since Franco-German military cooperation has always been influenced by political logic, it is reasonable to wonder whether recent events—elections in Germany and France’s rejection of the European constitution—will have an impact on security relations between the two countries. Although one may expect a reduction in cooperation due, in particular, to the electoral calendar, Franco-German ties are sufficiently strong not to be easily called into question by the vagaries of political life.
L’élan donné par la déclaration franco-britannique de Saint-Malo en 1998 et par le Sommet européen de Cologne en 1999 a signifié, en même temps que l’émergence de la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD), la relance de la coopération militaire franco-allemande. Paradoxalement, les efforts capacitaires européens, ainsi qu’une certaine réorganisation de l’architecture européenne de défense lors du Sommet de l’Otan à Prague en 2002, ont conduit certains acteurs et observateurs à remettre en cause le « lien privilégié franco-allemand » : de « moteur », il serait devenu frein. Selon eux, la coopération serait contre-productive car elle susciterait une relation « autiste », excluant les synergies européennes, et inquiéterait les pays au faible poids militaire qui craignent un condominium franco-allemand.
A contrario, il paraît aujourd’hui légitime de se demander si la crise suscitée par le « non » français au référendum sur la Constitution européenne, ainsi que le changement de gouvernement à Berlin après les élections de septembre 2005, vont entraîner un ralentissement de la coopération bilatérale. La réponse à cette interrogation passe par la description d’un tableau dont la dimension européenne est l’arrière-plan, et qui présente la coopération militaire franco-allemande comme étant incarnée par deux dynamiques : la relation politico-militaire et le fonctionnement concret de la coopération militaire franco-allemande.
La logique politique de la coopération militaire franco-allemande
La coopération militaire franco-allemande, pour une majorité de militaires des deux pays (dont ceux engagés dans la coopération), a dès l’origine relevé d’une volonté politique. Jusqu’à la fin des années 90, aux yeux de militaires français atteints d’un tropisme anglais et d’Allemands atlantistes, sa justification est à chercher dans le registre symbolique (la réconciliation) et politique (renforcer le poids du couple franco-allemand sur la scène européenne et internationale) (1). Le caractère opérationnel de certaines créations, telles que la Brigade franco-allemande (BFA) ou la Force navale franco-allemande (FNFA), suscite alors les plus grands doutes.
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