Les accidents font partie des relations entre les États. Cela est peut-être encore plus vrai depuis la fin de la guerre et la disparition des idéologies conquérantes. Les crises internationales accidentelles ont toujours existé. Toutefois, elles revêtent aujourd’hui une importance relative accrue dans la mesure où leurs conséquences sont loin d’être anodines et où les crises délibérément agressives se font rares. Ce type d’incidents mérite d’autant plus une analyse qu’ils sont par nature quasi impossibles à prévoir.
Après-guerre froide : le temps des crises accidentelles ?
Post-Cold War: crises by accident?
Accidents are the norm in relations between states. This is perhaps even more so since the end of the Cold War and the disappearance of competing ideologies. Accidental international crises have always occurred. However, these days their importance is relatively greater, in the sense that their consequences are far from being anodyne and crises involving deliberate aggression become increasingly rare. It is becoming more important to analyse this type of incident, since it is by definition virtually impossible to forecast.
Il existe deux types de crises internationales : les crises voulues par l’une des parties et celles, fortuites, indépendantes de la volonté des États. Il s’agit alors souvent d’accidents ou d’incidents, éventuellement provoqués par des subordonnés maladroits, irresponsables par fonction, voire par des caricaturistes en mal de réputation.
Les crises voulues sont en principe déclenchées par un État cherchant à obtenir un avantage manifeste ou à débloquer une situation dans l’impasse. Or, la disparition, au moins temporaire, des idéologies conquérantes, induit logiquement une raréfaction des crises voulues. La dernière en date est la crise franco-ivoirienne de novembre 2004. L’offensive lancée par Abidjan en direction du nord du pays pour le reconquérir, associée au bombardement de la base française de Bouaké (1), ont rompu un très fragile équilibre.
À la raréfaction de ce type de crise correspondrait l’accroissement du nombre des crises accidentelles, sans y voir non un rapport de cause à effet mais la conséquence d’événements divers et simultanés, comme la fin de la guerre froide, l’avènement de techniques modernes de communication, les indiscutables progrès de la démocratie.
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