Pour répondre aux nécessités du classement indiciaire de la fonction publique, Coëtquidan a répondu aux exigences du monde universitaire et est devenu un véritable campus où l’objectif « formation à la guerre » à été quelque peu perdu de vue. Or, le métier des armes exige une culture générale de l’officier très étendue, longue à acquérir. De nature spécifique, elle ne peut être définie que par ses seuls praticiens. L’auteur recommande de recentrer les études vers ce seul objectif, tout en relevant le niveau universitaire d’entrée à Saint-Cyr à celui de la licence.
La formation initiale des officiers dans l'Armée de terre
Initial Army officer training
When it responded to the requirement put upon it to index the various functions of government service, France’s military academy, Saint-Cyr Coëtquidan, decided to adopt the university model and virtually became a campus; however, it is now becoming an institution where the aim of ‘Training for War’ is being a little overlooked. The profession of arms demands an extended general knowledge of an officer, and this takes a long time to acquire. This knowledge has its own specificities, and can be imparted only by those who already possess it. The author recommends that studies should be re-centred towards this sole objective, while at the same time raising the Saint-Cyr entry standard to that of a university first degree.
Le potentiel humain, combinaison de forces morales et de savoir-faire, constitue, sans aucun doute, l’élément clé de l’appareil de défense, avant même le niveau de sophistication technique et la qualité de la panoplie de celui-ci. La formation du personnel et de l’encadrement requiert donc la plus grande attention et, particulièrement, celle des officiers en école. Ce premier niveau de formation conditionne en effet la faculté de raisonnement, de jugement, de réaction et de comportement de l’officier tout au long de sa carrière, y compris pour ceux qui sont appelés à de plus hautes responsabilités, tant la mémoire profonde reste prégnante.
Dans l’Armée de terre, cette formation initiale a connu bien des vicissitudes, au moins dans les périodes récentes. La défense des dernières marches de notre empire colonial impliquait un engagement en opération quasi immédiat dès la sortie d’école, sans l’apport de la formation et de l’entraînement du temps de paix en corps de troupe. Cette réalité conduisait à un cursus essentiellement tourné vers la tactique élémentaire et la vie en campagne. Elle impliquait une moindre attention pour l’enseignement général, partie de la formation orientée vers la réflexion, la connaissance du champ d’action du militaire, autrement appelée « culture générale de l’officier ». Le « retour vers l’hexagone » a permis à cet enseignement de retrouver sa juste place dans la scolarité des élèves de Coëtquidan. La préparation à Saint-Cyr, qui fonde cette culture générale au travers de l’enseignement dans les classes préparatoires, passait peu après d’un à deux ans.
Depuis 1984, le cycle des études à Saint-Cyr est passé de deux à trois ans dans le cadre de ce que l’on a appelé « la réforme des études », tandis que celui de l’EMIA passait à deux ans. Cette décision du commandement répondait aux nécessités d’un monde évolutif et d’une réalité militaire toujours plus complexe. D’autres arguments, qui auraient dû être jugés secondaires, accompagnaient l’objectif premier jusqu’à lui retirer de sa vigueur : il devenait en effet essentiel d’améliorer la position de Saint-Cyr vis-à-vis des autres grandes écoles, de « rehausser le niveau intellectuel » d’une formation quelque peu sacrifiée. Ce souci répondait aussi aux critères des organes chargés de distribuer les indices de rémunération au sein de la fonction publique, indices établis en fonction d’un niveau d’études reconnu. Ce « niveau » améliorait les perspectives d’un reclassement dans le civil et donc l’attractivité du métier. Enfin, la formation sur l’ensemble de la carrière gagnait en efficacité, les élèves sortant de Coëtquidan anticipant un niveau d’études requis dans l’enseignement militaire supérieur, le nombre d’officiers distraits de la vie professionnelle par un retour à l’université en vue de l’obtention d’un diplôme ou d’un brevet technique devait s’en trouver diminué.
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