La communauté internationale connaît des tensions croissantes sur le marché de l’énergie. Gaz et pétrole se raréfient, tandis que la demande explose. Dès lors, la question des approvisionnements s’inscrit durablement comme une donnée géopolitique majeure, et la stabilisation des coûts du pétrole devient une urgence économique. Ces confrontations d’intérêts tendent à diviser un peu plus les économies nationales engagée dans un bras de fer commercial déjà rugueux. Les défis ainsi posés aux grandes puissances industrielles établies ou émergentes inspirent à la Russie, la Chine, l’Inde, l’Europe et les États-Unis des stratégies concurrentes, notamment en Asie centrale, en Afrique et en mer de Chine, tandis que des horizons nouveaux s’ouvrent pour l’énergie nucléaire.
Manœuvres internationales autour des énergies fossiles
International fossil fuel strategies
The international community is experiencing mounting anxiety on the energy market. Gas and oil are becoming scarcer, while demand is escalating. The supply question is now an enduring and dominant feature on the geopolitical scene, and stabilising the oil price has become an economic necessity. These conflicts of interest have a tendency to intensify divisions between national economies that are already engaged in an acrimonious commercial power struggle. The resultant challenges that face the major industrial powers, whether established or emergent, have encouraged the adoption of competing strategies in Russia, China, India and the United States, while new opportunities are emerging for nuclear energy.
« Saving Oil in a Hurry ». Ce titre d’une étude de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), parue en 2005, résume crûment la situation de choc pétrolier structurel dans laquelle se trouve la communauté internationale. De fait la question des énergies fossiles revient sur le devant de la scène et s’impose désormais comme une donnée géopolitique majeure que le G8 et l’UE viennent d’inscrire à l’agenda de leurs préoccupations. Le baril de brut (159 litres) dépasse durablement les soixante dollars, « plombant » la croissance mondiale et amplifiant les déséquilibres globaux.
Engagées dans un bras de fer économique et commercial, les principales puissances établies ou émergentes intensifient leur action pour s’assurer le contrôle de l’exploration-production et de l’acheminement de ces énergies qu’un nombre croissant d’acteurs se disputent avec avidité. Dès lors, alliances et tensions internationales se développent autour de l’or noir et du gaz naturel, de partenariats stratégiques en luttes d’influence et de confrontations larvées en convergences d’intérêts, sur fond de poussées nationalistes, mais aussi de restructurations et de concentrations du secteur. Déstabilisantes pour la communauté internationale, ces grandes manœuvres appellent à la vigilance.
Si les raisons d’une flambée des prix sont à bien des égards éclairantes, les crispations économiques qui en résultent méritent une attention particulière, comme l’ont fait savoir le G8 et l’OMC (Organisation mondiale du commerce), ainsi que les institutions de Bretton Woods : le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale. Mais c’est à l’évidence sur l’échiquier géopolitique que se jouent les parties les plus subtiles et les plus lourdes de menaces, tant les débats sont de moins en moins feutrés entre des économies de plus en plus prédatrices.
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