Ressource vitale pour l’humanité, l’eau, comme le pétrole, est inégalement distribuée et en voie de raréfaction. Les défis qu’elle pose restent fondamentaux dans l’évaluation des relations internationales contemporaines. De l’Afrique du Nord à l’Asie en passant par le Proche-Orient, les tensions hydrauliques menaçantes ne manquent pas. D’où la nécessité d’évaluer la part de risques afférents à ces situations.
L'eau au XXIe siècle : des conflits qui couvent ?
Water in the twenty-first century: the seeds of future conflicts
Water, like petrol, a resource vital to humanity, is unequally distributed and is becoming scarcer. The challenges this presents are fundamental to today’s international relations. From North Africa to Asia, via the Middle East, worrying tensions over water supplies proliferate. Hence the need to assess the inherent risks of these situations.
En ce début de XXIe siècle, la marchandisation de l’eau douce, élément vital et théoriquement insusceptible d’appropriation, est une idée qui fait doucement mais sûrement son chemin. Problématique d’un point de vue éthique, cette situation se voit de plus doublée d’un autre phénomène notable : la présence maintenant acquise de la gestion étatique des ressources en eau douce dans le champ de la géopolitique.
Dès lors, sa raréfaction lente, graduelle, mais prouvée à l’échelle planétaire a de fortes chances de pousser les États contemporains, et plus particulièrement les plus démunis d’entre eux, à vouloir consolider leurs acquis hydrauliques. Ce qui augmente le risque de voir les plus puissants des États entrer en confrontation directe avec leurs voisins les mieux dotés en la matière, que ce soit par voie diplomatique ou militaire ; si aujourd’hui elle est pressentie, cette situation manque d’exemples probants et significatifs. Et pourtant, si aucune des guerres intervenues au long du XXe siècle n’a eu l’eau pour enjeu belligène central, rien ne permet d’affirmer que cette tendance se perpétuera dans les années à venir. Les situations pacifiées en matière de gestion de l’eau existent, certes ; mais les endroits lourds de tensions sont pour leur part beaucoup plus nombreux à l’échelle de la planète.
Un état des lieux inquiétant
Les 1 385 millions de km3 d’eau disponibles à l’échelle du globe parlent d’eux-mêmes : le monde ne manque pas d’eau. Quand bien même, cet ensemble est composé à plus de 97 % d’eau salée, et donc impropre comme tel à la consommation humaine ; les 2,5 % restants de réserves en eau douce renouvelable, dont une infinitésimale partie est à son tour potable, demeurent suffisants pour subvenir aux besoins de l’ensemble des habitants de la planète. En théorie du moins.
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