L’objet de cet article est de situer l’évolution récente du secteur de l’industrie de l’armement terrestre en France dans le contexte économique international, pour en dégager les principales conséquences. La montée en puissance du groupe britannique BAE modifie sensiblement le paysage précédemment dominé par les sociétés américaines implantées sur le continent européen. Il en résulte l’émergence d’un duopole au sommet entre General Dynamics et BAE Systems, dont on montre l’apparence partiellement trompeuse. Ces transformations ont surtout pour conséquence de remettre en question une certaine idée de l’Europe des armements terrestres. Elle devrait être prise en compte, alors que des efforts restent à faire pour améliorer les performances économiques de ce secteur dans notre pays.
L'industrie d'armement terrestre : un enjeu économique international
The land armaments industry-an international economic issue
This article attempts to situate recent developments in the land armaments industry in France in the international economic context and highlight the main consequences. The progress made by the British group BAE Systems clearly changes the landscape, previously dominated by US companies in Europe, with the emergence of a duopoly at the top, General Dynamics and BAE Systems, whose partly misleading appearance is shown. But these developments above all lead to a questioning of a certain idea of land armaments in Europe that should be taken into account, and an effort is needed to improve economic performance in this sector in France.
Les deux années qui séparent chaque salon d’Eurosatory au Bourget fournissent l’occasion de mesurer, à dates régulières, l’évolution des tendances dans l’armement terrestre, par-delà les fluctuations conjoncturelles. Elles permettent, en outre, de tester les hypothèses formulées sur son devenir et de procéder, éventuellement, à d’utiles révisions.
Trois grandes tendances émergeaient du panorama 2004 (1) : le déclin de l’activité de notre pays dans ce secteur qui remonte aux années 70 ; l’aggravation de la domination américaine, notamment en Europe, qui s’exerce à travers l’acquisition de sociétés européennes par des groupes américains, au premier rang desquels General Dynamics ; enfin, une mutation industrielle profonde au profit des systèmes informatiques qui gagnent progressivement des branches plus traditionnelles du secteur, comme les munitions. Cette rapide évolution technologique pose des problèmes d’adaptation, dans l’organisation du secteur, en particulier dans les relations avec les sous-traitants.
La poursuite du déclin français
Les principaux indicateurs macroéconomiques mesurant l’activité de l’agrégat qui regroupe l’armement terrestre sont sans appels : en dépit du relèvement significatif des crédits d’équipement dans la nouvelle loi de programmation militaire, les dépenses en capital et les prises de commandes nationales du secteur terrestre ont continué de fléchir. Comme le relais n’a pas été pris par les commandes extérieures, le chiffre d’affaires global a également régressé, entraînant, à son tour, une réduction des effectifs employés dans le secteur.
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