La politique américaines des bases aériennes et navales
Les États-Unis n’étaient, avant la deuxième guerre mondiale, qu’une grande puissance américaine. La Grande-Bretagne était alors seule à disposer, sur toutes les mers du monde, d’une chaîne très complète de bases navales. La situation est maintenant totalement modifiée : les États-Unis sont une puissance mondiale, et de beaucoup la plus importante. Leurs intérêts politiques et commerciaux concernent toutes les zones de la planète ; pour posséder les moyens militaires de les défendre, ils ont dû acquérir dans le monde de nouvelles bases destinées à élargir le cercle de bases américaines dont ils disposaient en 1939. Ils y sont parvenus la plupart du temps en empiétant sur les possessions britanniques. Si elle conserve son réseau mondial, la Grande-Bretagne ne possède plus le monopole et le contrôle exclusifs des grandes lignes de communications universelles qu’elle partage maintenant avec les États-Unis.
La politique américaine des bases jusqu’à la Première Guerre mondiale
Elle reposait sur une conception de la défense de l’Amérique du Nord qui peut se résumer en trois propositions essentielles : L’improbabilité d’une attaque par l’Est et par le Nord, la nécessité de maintenir libre le passage de Panama, la possibilité d’une attaque nippone par l’Ouest.
On considérait, d’abord, comme improbable une attaque par l’Est et par le Nord. Du côté de l’Est, 6.000 kilomètres séparent les États-Unis de l’Europe. Or, la marine allemande n’avait pas la maîtrise de la mer, et elle devait être, en cas de conflit, neutralisée par la marine britannique, du moins en ce qui concerne les grosses unités de surface, seules capables de rendre possible une invasion. On ne pouvait, en outre, envisager alors des traversées régulières de l’Atlantique Nord par avions : le premier service régulier de clippers a été inauguré en juin 1939 entre New York et Lisbonne. Du côté du nord, la banquise polaire interdisait toute grande navigation par l’Arctique ; le froid et l’ignorance à peu près totale des conditions météorologiques boréales constituaient une double protection naturelle contre une invasion aérienne.
Il reste 94 % de l'article à lire
Plan de l'article



_astronaut_Sophie_Adenot_(jsc2025e058846_alt).jpg)



