Politique et diplomatie - Après Begin
#2Une fois de plus la leçon a été donnée qu’il est possible en politique, comme dans toute autre conduite, de prévoir les résultats de l’aveuglement. La décision prise par Menahem Begin de prendre sa retraite donne occasion de méditer à nouveau sur ce thème. Et d’abord, un souvenir personnel contribue pour moi à camper le personnage de celui que ses partisans acclamaient volontiers comme « le roi d’Israël ». Alors qu’il était dans l’opposition — c’était après la guerre des Six Jours de 1967 — où il incarnait l’intransigeance idéologique d’un sionisme nationaliste, Menahem Begin me dit à peu près : « Les sionistes sont engagés dans une guerre de libération dont ils ont gagné la première manche. Mais la lutte se poursuit et elle sera longue. Dans ces conditions, il ne peut être question de s’arrêter au milieu du gué. L’erreur capitale des travaillistes est de croire qu’on peut bâtir pour Israël quelque chose de solide en s’arrêtant à mi-chemin. Il faut aller jusqu’au bout ».
Pour Begin et ceux qui partagent ses idées, « jusqu’au bout » signifie sans aucun doute la « récupération » de la Judée et de la Samarie selon la terminologie israélienne, c’est-à-dire de la Cisjordanie.
À cette fin, deux moyens étaient mis en œuvre : 1) l’implantation d’agglomérations en Cisjordanie pour y enraciner un peuplement juif ; 2) la destruction de l’OLP en tant qu’organisation représentative des Palestiniens. L’intervention militaire au Liban en juin 1982 faisait partie de cette stratégie. Elle visait d’abord à détruire l’OLP, mais tout aussi bien à obtenir d’un gouvernement libanais débarrassé de l’hypothèque palestinienne qu’il s’engage à collaborer avec Israël — en suivant l’exemple égyptien — et à induire les Palestiniens de la zone occupée à se soumettre, ou à quitter les lieux.
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