La défense du Proche-Orient par les Anglo-Saxons
Qu’est-ce que le Proche-Orient ? Entité géographique déjà passablement vague, sa délimitation se complique du manque coutumier de précision britannique dans l’emploi des termes Near East, Middle East. Avant la guerre, le premier désigne les Balkans, le second l’Asie entre Turquie et Chine. Aujourd’hui, ils indiquent indistinctement une étendue de terres grande comme les États-Unis, allant de la Thrace à Aden, de la Cyrénaïque à la Perse. Et une hérésie linguistique des Américains porte au comble la confusion. Ils n’emploient pas l’expression Middle East, bien qu’elle figure en tête de deux de leurs publications, Middle East Affairs et Middle East Journal. Leur Near East commence au Bosphore pour s’arrêter aux confins de la Perse. Ils n’y englobent pas cette partie du sol africain sur laquelle s’entrechoquaient les tanks de la huitième armée britannique et de l’Afrika-Korps de Rommel.
Ministre du Liban à Washington et son délégué à l’O. N. U., M. Charles Malik, dans Foreign Affairs (janvier) nie que, berceau de notre civilisation, le Proche-Orient soit un concept politique, géopolitique, géographique ou stratégique. Il serait essentiellement « culturo-génétique ». Que l’on trace, sur une carte, avec, comme centre, Beyrouth, Damas ou Jérusalem, un cercle d’un rayon d’environ neuf cents milles, celui-ci circonscrira assez bien tout le Proche-Orient, Athènes, Istamboul, Antioche, Bagdad, Jérusalem, Damas, Beyrouth, Le Caire, Alexandrie et La Mecque inclus. Les seuls États non arabes y seraient la Grèce, la Turquie et Israël.
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