L'organisation de l'enseignement en Allemagne occupée
La génération présente en Allemagne a été formée intellectuellement et moralement par la République de Weimar et par Hitler. Les Alliés tentent maintenant d’exercer leur action sur celle de demain. Au moment où semblent se préparer des modifications importantes concernant l’administration de l’Allemagne occupée, la question de l’enseignement s’impose plus que jamais à l’attention. Il importe de considérer ce qui a été accompli depuis 1945. Quelle avait été l’action du national-socialisme ? Comment était-il possible d’en atténuer les effets ? Quels ont été les moyens employés, les résultats obtenus ? Comment préparer l’avenir ? Telles sont les questions que Ton se pose, et non sans anxiété.
Le national-socialisme n’était pas seulement une institution politique ; il était l’application de principes sociaux et biologiques qui avaient été inculqués à la population allemande depuis de longues années. La Constitution de Weimar, sous des apparences démocratiques, en avait, favorisé le développement. L’esprit de solidarité nationale tendait à refouler l’humanisme qui met en valeur la personnalité et la dignité individuelle. Une éducation collective, issue des sports, des exercices physiques et des associations, avait pris forme pratique et patriotique par la création de « camps de travail » (Arbeitslager). Les initiatives des sociétés locales et régionales avaient été coordonnées par le « service du travail » (Arbeitsdienst) qui recrutait ses effectifs parmi les volontaires de moins de vingt-cinq ans. Une loi du 10 juillet 1932 reconnaissait d’utilité publique le « service volontaire du travail » (freiwilliger Arbeitsdienst). Il entraînait déjà, à cette date, 200.000 jeunes Allemands. Dans des périodes de trois à six semaines, des étudiants se rencontraient avec de jeunes paysans et des ouvriers. On formait ainsi une jeunesse qui avait le sens de la communauté, prête à s’unir sur un seul front. Elle fournit à Hitler une armée du travail et bientôt une milice dévouée corps et âme à son chef. De ces formations sont issues les chemises brunes et les S.A. et les S. S.
Devenu le maître de l’Allemagne, Hitler nomme, dès le mois de juin 1933, Baldur von Schirach, chef de la jeunesse allemande. Le service du travail devient obligatoire pour les étudiants et pour les fonctionnaires du parti. En janvier 1935, six millions de jeunes gens et de jeunes filles, c’est-à-dire 80 % de la population du Reich âgée de vingt à vingt et un ans, sont sous les ordres de Baldur von Schirach. Les trois enseignements, supérieur, secondaire et primaire, deviennent une communauté du travail destinée à s’intégrer dans la communauté nationale. L’écolier aussi bien que l’étudiant reçoit une instruction politique conforme aux principes du nazisme, Il sera militant autant que professionnel. Une « Chambre de culture d’Empire » (Reichs Kultur-Kammer), créée dès septembre 1933, présidée par le ministre de la propagande (Goebbels), contrôle toutes les manifestations de la vie intellectuelle : littérature, presse, T. S. F., théâtre, musique, beaux-arts, films. Une Académie du Droit allemand, fondée le 26 juin 1933, est élevée, le 11 juillet 1934, au rang de « Corps constitué du Droit du Reich », qualifiée par le Führer d’institution modèle et permanente. Elle doit réaliser, dans le domaine juridique tout entier, le programme du mouvement national-socialiste.
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