La présidence irlandaise a donné un cadre à la politique militaire de l'Union jusqu'en 2010. Les efforts se sont poursuivis pour mieux coordonner les activités internationales des trois piliers. Les opérations militaires crédibilisent la volonté de l'Union européenne de maîtriser son environnement tandis que la stratégie de sécurité se précise pour orienter l'action de l'Union et des États membres.
La dimension politique de la sécurité européenne au premier semestre 2004
En 2003, les Européens se divisaient à propos de la guerre en Irak, mais l’Union européenne continuait sa progression dans les domaines de la sécurité et de la défense. Malgré l’échec de la conférence intergouvernementale en décembre 2003, cette tendance s’est confirmée sous la présidence irlandaise, de janvier à juin 2004. L’environnement international pousse dans cette direction. À Madrid le 11 mars 2004, pour la première fois depuis le 11 septembre 2001, le territoire d’un État membre de l’Union européenne est directement visé par le terrorisme international. En outre, les États-Unis, qui ne parviennent pas à stabiliser l’Irak, sont à la recherche de partenaires dans leur lutte contre le terrorisme.
Le calendrier a voulu que la charge de développer la PESD revienne à un pays qui, continuant à se définir comme neutre et non-aligné, paraissait mal placé pour l’assumer. En fait, ce statut particulier n’a pas constitué une véritable gêne pour l’Irlande. Il est vrai que, partagée avec le Haut représentant et la Commission, la fonction d’impulsion de la PESD ne revient pas à la seule présidence. Il est vrai aussi que l’Irlande avait particulièrement bien préparé son semestre. Son Premier ministre, M. Bertie Ahern, déclarait ainsi : « La Politique européenne de sécurité et de défense est en pleine adéquation avec la politique de neutralité de l’Irlande. Notre politique s’est toujours positionnée en faveur de la prévention des conflits et de la gestion des crises. La Politique européenne de sécurité et de défense nous donne l’occasion de jouer un rôle plus effectif dans la recherche de la paix dans le monde, main dans la main avec nos partenaires européens » (1).
Pendant ce semestre, l’Union a établi un nouvel objectif de capacités pour 2010, poursuivi la montée en puissance de ses actions opérationnelles, affiné ses relations avec l’Otan et progressivement précisé sa stratégie de sécurité.
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